Aphex Twin





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Aphex Twin



Description de cette image, également commentée ci-après

Aphex Twin à Turin en 2007





























Informations générales
Surnom

AFX, Blue Calx, Bradley Strider, Martin Tressider, Caustic Window, Gak, Soit-P.P., Polygon Window, Power-Pill, Prichard G. Jams, Q-Chastic, The Dice Man, Tahnaiya Russell, DJ Smojphace, The Tuss
Nom de naissance

Richard David James
Naissance

18 août 1971(47 ans)
Limerick, Munster, Irlande
Genre musical

Musique électronique (drum and bass, IDM, braindance, acid house, ambient, electronica, etc.)
Années actives

1991 – présent
Labels

Rephlex Records
Warp Records
R&S Records
Sire Records



Richard David James, mieux connu sous le nom de scène Aphex Twin, est un compositeur britannique de musique électronique, né à Limerick, en Irlande, de parents gallois, le 18 août 1971. Il a passé son enfance en Cornouailles. Il est généralement considéré comme un des artistes majeurs de la scène électronique[1],[2], ayant eu une influence notable sur les genres ambient techno et IDM[1],[3].


Débutant par un style proche de l'acid techno, avec des sorties sous les pseudonymes AFX et Polygon Window, James a été salué par la critique pour son premier album, Selected Ambient Works 85-92, publié en 1992. Durant cette période, il s'associe au label britannique Warp et cofonde le label indépendant Rephlex Records[2]. En 1997, il accède à la notoriété avec le single Come to Daddy, et surtout, deux ans plus tard, avec le single Windowlicker, qui atteint la 16e place du classement hebdomadaire des singles au Royaume-Uni[4]. Ces deux singles sont restés célèbres pour leurs clips réalisés par Chris Cunningham.


Après son album Drukqs de 2001, James est entré dans une période d'inactivité sous le pseudo Aphex Twin, mais a continué à produire de la musique sous d'autres pseudonymes, notamment la série d'EP Analord en 2005 sous le nom AFX et deux autres en 2007 sous le nom de The Tuss. Il est revenu en 2014 en tant qu'Aphex Twin avec l'album Syro, qui a remporté le Grammy Award du meilleur album dance/électronique à l'occasion de la 57e cérémonie des Grammy Awards.




Sommaire






  • 1 Biographie


    • 1.1 Jeunesse


    • 1.2 1989–1992: début de carrière


    • 1.3 Succès croissant (1992-1995)


    • 1.4 Succès commercial (1996-2000)


    • 1.5 De 2000 à 2007 : Drukqs, Analord et The Tuss


    • 1.6 2007 à 2014 : Période d'inactivité et retour avec Syro


    • 1.7 Depuis 2015 : Activité Soundcloud, Cheetah et Collapse




  • 2 Aspects musicaux


  • 3 Discographie


  • 4 Vidéographie


    • 4.1 Clips


    • 4.2 Autres vidéos




  • 5 Références


  • 6 Voir aussi


    • 6.1 Bibliographie


    • 6.2 Articles connexes


    • 6.3 Liens externes







Biographie |



Jeunesse |




James a grandi en Cornouailles


James est né le 18 août 1971 à Limerick[5], de parents gallois. Il grandit à Lanner, en Cornouailles, avec deux sœurs aînées, et vit une enfance "très heureuse" au cours de laquelle il « peut faire ce qu'il veut »[6]. Il aime se sentir séparé des villes voisines et du reste du monde[7]. Dans ses premières expériences musicales lorsqu'il est enfant, James joue avec les cordes du piano de sa famille, à l'image du piano préparé du compositeur John Cage. À l'âge de neuf ans, il commence à acheter des cassettes et des magnétophones[8]. Il fréquente la Redruth School à Redruth[9], et prétend avoir produit du son sur un Sinclair ZX81 (une machine sans matériel audio) à l'âge de 11 ans : « Quand j'avais 11 ans, j'ai gagné 50 livres dans un concours pour avoir écrit ce programme qui produisait du son sur un ZX81. Vous ne pouviez pas produire de son sur un ZX81, mais j'ai joué avec le code machine et trouvé des codes qui retransmettaient le signal de la télévision de manière à produire ce bruit très étrange lorsque vous montiez le volume. »[6]


Selon le musicien Benjamin Middleton, James commence à produire de la musique l'année suivante[10]. À l’âge de douze ans, il achète son premier synthétiseur, qu’il assemble : « J’ai commencé en modifiant des synthétiseurs analogiques et la camelote que j’avais achetés, et je suis devenu accro à la fabrication de bruits. J'étais en effervescence. Auparavant, je n'avais jamais vraiment écouté de musique[8]. » Adolescent, il est disc-jockey au Shire Horse Inn de St Ives, au Bowgie Inn de Crantock avec Tom Middleton et sur les plages de Cornouailles. James étudie au Cornwall College de 1988 à 1990 et y décroche un diplôme national d'ingénieur. À propos de ses études, il déclare que « la musique et l'électronique vont de pair[11]. » Selon un de ses professeurs, James porte souvent des casques audio pendant les cours pratiques, « pensant sans aucun doute aux mixes sur lesquels il travaillerait plus tard[12]. »



1989–1992: début de carrière |


En 1989, James se lie d'amitié avec Grant Wilson-Claridge alors qu'ils travaillent alternativement comme DJ dans un pub, près de Newquay, sur la côte Atlantique des Cornouailles. Wilson-Claridge est intrigué par les platines de James et lorsqu'il découvre que celui-ci joue des cassettes de sa propre musique, il suggère d'en faire des disques. Au début, mettre les disques d'Aphex Twin sur vinyle était une façon de produire de la musique pour les amis du duo, qui ne pouvaient se déplacer jusqu'à Londres en raison de l'éloignement géographique[9].


La première sortie de James sous le nom d'Aphex Twin, qui sera ensuite changé pour AFX, est l'EP Analogue Bubblebath, publié en 1991 au format 12" sur le label Mighty Force Records (en). La piste En Trance to Exit est enregistrée avec Tom Middleton, également connu sous le nom de Schizophrenia[13]. L'EP figure sur la playlist de Kiss FM, une radio influente de Londres, qui contribue à sa popularité.


En 1991, James et Wilson-Claridge fondent Rephlex Records pour promouvoir « l'innovation dans le domaine de l'acid - un genre de musique house très aimé et mal compris, oublié par certains et nouveau pour d'autres, notamment en Grande-Bretagne[14]. » Cette même année, James publie deux EP en plus d'Analogue Bubblebath : Analog Bubblebath Vol 2, sous le pseudonyme d'AFX, ainsi que Bradley's Beat, sous le pseudonyme de Bradley Strider. Bien qu'il ait déménagé à Londres pour suivre un cursus d'électronique à Kingston Polytechnic, il a avoué au musicien et journaliste David Toop (en) que ses études étaient mises de côté et que sa carrière de compositeur avait sa priorité[15].


Après avoir arrêté les études, James publie des albums et des EP sur plusieurs labels (dont Warp) derrière un certain nombre de pseudonymes (parmi lesquels AFX, Polygon Window et Power-Pill) ; plusieurs de ses morceaux, publiés sous des pseudonymes tels que Blue Calx et The Dice Man, paraissent sur des compilations. Suite à son déménagement à Londres, il s'installe dans l'immeuble reconverti d'une ancienne banque dans le quartier Elephant and Castle[6],[15].



Succès croissant (1992-1995) |


Le premier album complet de Aphex Twin, Selected Ambient Works 85-92, sort le 12 février 1992 sur le label Apollo (en), une division de R&S Records. Il rencontre un succès critique. John Bush de Allmusic le décrit comme « un tournant décisif pour la musique ambient »[1]. En 2002, Rolling Stone déclare à propos de l'album : « Aphex Twin s'étendait bien au-delà de la musique ambient de Brian Eno en fusionnant des paysages sonores luxuriants avec des rythmes océaniques et des lignes de basse[16]. » Pitchfork le considère comme étant « parmi les musiques les plus intéressantes jamais créées avec un clavier et un ordinateur[17]. » Cependant, les critiques notent que les morceaux ont été enregistrés sur cassette et que leur qualité sonore est relativement médiocre.


En 1992, James sort également les EP Digeridoo et Xylem Tube sous le nom Aphex Twin, toujours sur le label R&S Records, Pac-Man (EP) (basé sur le jeu d’arcade) sous le pseudonyme Power-Pill, ainsi que deux des quatre EP de la série Joyrex sous l'alias Caustic Window. Digeridoo atteint la 55e position du classement des singles britanniques et a été décrit par la suite par Rolling Stone comme préfigurant la drum and bass[18]. James raconte qu'il a composé Digeridoo pour disperser son auditoire après une rave[11].


En 1993, James dévoile Analogue Bubblebath 3, les EP On et Bradley's Robot ; les deux derniers EP de la série des Joyrex sous l'alias Caustic Window ; et deux sorties qui sont ses premières chez Warp : Surfing on Sine Waves et Quoth, sous le pseudonyme Polygon Window. L'année suivante, Warp Records publie l'album Selected Ambient Works Volume II, qui explore un son plus porté sur l'ambient que son prédécesseur, axé lui sur le rythme. James déclare dans des interviews que les sonorités de l'album lui ont été inspirées par des rêves lucides et qu'au réveil, il a tenté de recréer les sons et de les enregistrer. Une affirmation évidemment invérifiable, même si la notion pourrait être transposable à un titre comme Lichen, porté par un sens de la mélodie naturel, sans entrave ni astuce de studio. Ce titre pourrait être comparé à An Ending de Brian Eno[19].


Toujours en 1994, paraissent les EP GAK et Analogue Bubblebath 4, ainsi que la compilation Classics, qui contient les deux premiers maxis de James, Digeridoo et Xylem Tube, combinés sur un seul CD, ainsi que deux inédits et un titre live.


En 1995, pour la sortie de ...I Care Because You Do, James utilise une image de son visage pour la couverture de l'album, pratique qui sera répétée sur nombre de ses disques ultérieurs. Les pistes de cet album ont été composées entre 1990 et 1994 et on y retrouve plusieurs genres musicaux typiques d'Aphex Twin. C'est le dernier enregistrement de James dans les années 1990 à mettre l'accent sur les synthétiseurs analogiques. Le Britannique demande au compositeur de musique classique contemporaine Philip Glass de créer une version orchestrale d'un des titres de l'album : Icct Hedral, qui apparaît quelques mois plus tard sur l'EP Donkey Rhubarb[20]. James publie la même année les EP Ventolin et Hangable Auto Bulb, ce dernier étant considéré comme un des pionniers du drill and bass[21].


En novembre 1995, The Wire publie un article intitulé Advice To Clever Children (Conseils aux enfants intelligents). Lors de la préparation de l'interview, plusieurs cassettes incluant de la musique de plusieurs artistes (dont Aphex Twin) avaient été envoyées à Karlheinz Stockhausen, qui déclare : « J'ai écouté attentivement le morceau Aphex Twin de Richard James (sic) : je pense qu'il serait très utile qu'il écoute mon travail Song Of The Youth, qui est une musique électronique, avec la voix d'un jeune garçon chantant par-dessus lui-même. Parce qu’il arrêterait alors immédiatement avec toutes ces répétitions post-africaines, qu’il jouerait des tempos et des rythmes changeants, et qu’il ne se permettrait pas de répéter le même rythme si celui-ci variait un minimum et s'il n'avait pas de direction dans sa séquence de variations. » James, un admirateur de Stockhausen, répond : « Je pense qu'il devrait écouter quelques-uns de mes titres, comme Digeridoo, puis il cesserait de créer des patterns abstraits et aléatoires sur lesquels vous ne pouvez pas danser[22]. »



Succès commercial (1996-2000) |


Richard D. James Album, le quatrième album studio de James sous le pseudo d'Aphex Twin, sort chez Warp Records en novembre 1996. Le titre de l'album porte son nom (Richard David James) et comprend l'utilisation de synthétiseurs virtuels et de rythmes non conventionnels. John Bush de AllMusic note qu'il s'agit du premier album studio de James à faire la part belle à la musique jungle, notant qu'il était « plus extrême que la quasi-totalité de la jungle créée à l'époque », avec des rythmes superposés aux mélodies plus lentes qui caractérisent ses œuvres ambient antérieures[23]. Pitchfork estime que l'album était « une des combinaisons les plus agressives de formes électroniques disparates lors de sa sortie », avec son « contraste presque brutal entre ses éléments, créant un sceau qui le rend actuel depuis 1996[24]. » L'album est salué par la critique et a été classé 40ème dans la liste des "100 meilleurs albums des années 1990" de Pitchfork. En 2003, il figurait également à la 55e place du classement des 100 meilleurs albums de tous les temps du NME[25].


James attire l'attention l'année suivante avec la sortie de son EP Come to Daddy. Le titre éponyme de l'EP est conçu comme une parodie du death metal, et James déclare à son sujet : « Come to Daddy est arrivé alors que je traînais chez moi, énervé et produisant ce jingle de death metal de merde. Puis il a été commercialisé, une vidéo a été tournée et cette petite idée que j'avais, qui était une blague, s'est transformée en quelque chose d'énorme. Ce n'était pas normal du tout[26]. » Accompagné d'un clip réalisé par Chris Cunningham, James est désabusé par son succès. Ce dernier est suivi d'un autre, Windowlicker, promu par un clip également réalisé par Cunningham, qui est nominé pour le Brit Award de la meilleure vidéo britannique en 2000[27],[26],[4].



De 2000 à 2007 : Drukqs, Analord et The Tuss |




Aphex Twin en 2005


En 2001, Aphex Twin publie Drukqs, un double album expérimental utilisant un piano contrôlé par ordinateur (influencé par Erik Satie et John Cage) et des morceaux abrasifs, rapides et minutieusement programmés. De nombreux noms de pistes sont écrits en cornique, par exemple Jynweythek Ylow ("Musique Machine"). Rolling Stone qualifie les pièces de piano d'« ersatz de piano classique d'une beauté sans but[28]. » Les critiques sont partagées, certaines estimant que Drukqs constitue pour James une tentative de rompre son contrat avec Warp Records, et dans les faits, jusqu'en 2014, la plupart de ses sorties se feront sur son propre label, Rephlex. Le musicien raconte aussi dans des interviews avoir accidentellement laissé un lecteur MP3 contenant un grand nombre de morceaux inédits dans un avion et qu'il avait accéléré la sortie de l'album pour prévenir une fuite sur Internet[29]. En 2001, James sort également un court EP intitulé 2 Remixes By AFX, avec des remixes de morceaux de 808 State et de DJ Pierre. Il comporte également une troisième piste sans titre, consistant en une image SSTV avec des sons aigus ne pouvant être décodée en une image visible qu'avec un logiciel approprié (tels que MultiMode pour Macintosh ou MMSSTV pour Windows).


En 2005, James sort une série en 11 parties, Analord, sous le pseudonyme AFX et sur le label Rephlex, qui comprend un total de 42 morceaux (soit une moyenne de deux à quatre pistes par EP). La série a été créée en jouant et en séquençant des équipements musicaux électroniques analogiques et numériques tels que des synthétiseurs et des boîtes à rythmes (principalement les Roland TB-303, 808 et 909) enregistrés sur bande magnétique puis pressés sur vinyle. James utilise également sa collection de synthétiseurs vintage et de boîtes à rythmes, dont certains sont rares à cette époque. Certains disques comprennent des photos de synthétiseurs rares comme le Synton Fenix (en), le Roland MC-4 (en) (notoirement difficile à programmer). James est particulièrement méticuleux au cours du processus d'enregistrement, du mastering et du pressage. Préfèrant le vinyle ou les cassettes au numérique, il essaie plusieurs usines de pressage jusqu'à être satisfait du résultat. Cependant, le co-propriétaire de Rephlex, Wilson-Claridge, le convainc de sortir une compilation sur CD de 10 morceaux de la série Analord. Intitulée Chosen Lords, celle-ci sort en avril 2006. Vingt pistes supplémentaires, disponibles en téléchargement, sont ajoutées à la série Analord en décembre 2009, et chaque EP contient désormais jusqu'à neuf pistes.


En 2007, les médias spéculent sur un nouveau pseudonyme potentiel de James, suite à la sortie successive d'un EP et d'un album sous l'alias The Tuss : Confederation Trough, en avril, puis Rushup Edge en juin. Ces deux sorties, parues sur le label Rephlex dont James et le co-fondateur, sont créditées respectivement à Brian Tregaskin et Karen Tregaskin. Le Guardian et d'autres médias alimentent l'hypothèse selon laquelle The Tuss serait un pseudonyme de Richard D. James et énumèrent les éléments troublants : le fait qu'elles soient éditées par le prestigieux éditeur Chrysalis (en) serait étonnant pour un artiste non confirmé[30] ; un titre de The Tuss a été identifié dans un live d'Aphex Twin en 2005 ; certains fans identifient dans les compositions le son d'un Yamaha GX1 (en), un synthétiseur analogique extrêmement rare et cher dont James possède un exemplaire. De plus, le terme « tuss » signifierait « érection » en argot des Cornouailles, région dans laquelle James a grandi[31]. En juillet 2007, Grant Wilson-Claridge, l'autre co-fondateur de Rephlex, rejette ces allégations, en déclarant dans une interview : « les gens semblent plus intéressés par la spéculation et la célébrité que par le contenu, la qualité ou la musique. Faites attention de ne pas manquer quelque chose de vraiment formidable mais méconnu[32]. » Lorsque Syro est annoncé en 2014, Bleep.com confirme que The Tuss est un pseudonyme d'Aphex Twin[33]. Dans une interview de promotion pour Syro avec le magazine néerlandais "OOR", James confirme qu'il avait été occupé à « enregistrer deux EP sous le nom de The Tuss[34]. »



2007 à 2014 : Période d'inactivité et retour avec Syro |


La sortie de Rushup Edge marque le début d'une période de sept ans pendant laquelle James ne publie officiellement aucun album, même s'il continue de se produire en live. En 2010, il déclare pourtant « avoir terminé six albums[35]. » Au début du mois d'avril 2014, un des très rares exemplaires de The Caustic Window Album, un album dont la sortie fut annulée en 1994, est mis en vente sur Discogs au prix de 13 500 $[36]. Le 16 juin 2014, l'album est proposé en téléchargement numérique pour les participants à une campagne Kickstarter destinée à financer l'achat du vinyle physique. Une fois celui-ci numérisé, il est revendu sur eBay pour la somme de 46 300 $[37] au bénéfice de James, des contributeurs de la campagne Kickstarter et de Médecins Sans Frontières[38].


Le 16 août 2014, un dirigeable vert portant le logo Aphex Twin et "2014" inscrit sur le côté est observé survolant Londres, au Royaume-Uni. Peu de temps après, une photo sur Twitter montre le logo Aphex Twin peint au pochoir sur un trottoir non-loin du Radio City Music Hall à New York[39]. Deux jours plus tard, le compte Twitter d'Aphex Twin publie un lien vers la liste des morceaux d'un album à paraître intitulé Syro[40], qui sort le 22 septembre[41]. Le 8 février 2015, Syro remporte le Grammy Award du meilleur album dance/électronique à l'occasion de la 57e cérémonie des Grammy Awards[42].



Depuis 2015 : Activité Soundcloud, Cheetah et Collapse |


A l'occasion d'une interview de novembre 2014 liée à la sortie de Syro, James dévoile 21 titres inédits, baptisés Modular Trax, disponibles sur SoundCloud. L'interview et les morceaux sont par la suite supprimés[43],[44]. Entre janvier et novembre 2015, un utilisateur anonyme publie 268 titres sur SoundCloud, sous les pseudonymes "user487363530", "user4873635301", "user48736353001", et enfin "user18081971"[45]. Pitchfork commente : « les caractéristiques de la production rappellent des moments distincts dans le catalogue de James, depuis Analogue Bubblebath jusqu'à GAK. Vous pouvez entendre les mêmes machines, les mêmes processus et, surtout, les mêmes idées. Si ce n'est pas James, c'est un musicien qui est absolument à sa hauteur et quelles sont les chances qu'un tel individu soit passé inaperçu durant toutes ces années[46]? » Mike Paradinas (alias μ-Ziq), qui a collaboré avec James sur l'album Expert Knob Twiddlers en 1996, déclare reconnaître certains anciens morceaux de James[46]. Le même jour, le compte Twitter officiel d'Aphex Twin publie un lien Twitter vers la page SoundCloud de l'utilisateur nommé "user48736353001"[47]. Presque toutes les pistes SoundCloud ont depuis été supprimées. En 2015, James sort aussi deux EP : Computer-Controlled Acoustic Instruments Pt. 2 et Orphaned Deejay Selek 2006-08 (en)[48], qui signe son retour sous le pseudonyme AFX pour la première fois depuis Analord (en).


Le 7 juillet 2016, Warp sort Cheetah (EP) (en)[49]. L'EP tire son nom du Cheetah MS800, un synthétiseur du début des années 1990 particulièrement difficile à utiliser et à programmer[48]. Un clip vidéo sort pour "CIRKLON3 [Колхозная mix]", réalisé par Ryan Wyer, un fan d'Aphex Twin âgé de 12 ans. Il s'agit du premier clip officiel d'un titre d'Aphex Twin depuis Windowlicker[50].


Le 7 août 2018, la sortie d'un nouvel EP, intitulé Collapse (EP) est annoncé par Warp pour le 14 septembre[51]. Le clip promotionnel d'un extrait de l'album intitulé "T69 Collapse" devait être diffusé sur Adult Swim, mais cette diffusion est annulée car les images le font échouer au test de Harding (en)[52]. Le clip est mis en ligne sur Youtube le lendemain[53].



Aspects musicaux |






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On se plaint régulièrement du manque de références et d'études musicologiques sur la musique électronique contemporaine hors classique. En effet, si de nombreux livres traitent de l'electronica, du drum and bass, voire de l'intelligent dance music (IDM), la plupart de ces ouvrages en abordent surtout les aspects sociétaux et festifs, passant souvent à côté d'une description musicale plus en avant des courants. Une des difficultés rencontrées à décrire ce genre de musique, assez vaste et finalement peu homogène, est l'ambiguïté des termes généralement employés. Les définitions des termes beat, pulse, bpm et d'autres varient considérablement selon les auteurs, qui en proposent chacun la leur. Ces ambiguïtés tiennent du fait que ces mouvements musicaux sont assez récents et ont mis un certain temps avant d'attirer l'attention de la musicologie. Par ailleurs, le mouvement ne semble pas se revendiquer franchement d'une démarche musicale particulière, au sens musicologique. Bien que les fans semblent avoir des opinions très tranchées sur son style, Richard D. James, lors de ses interviews, ne donne que très peu d'informations sur ses procédés de création, et ces dernières sont le plus souvent anecdotiques.


On pourrait ranger Aphex Twin dans les catégories « ambient », « electronica », « IDM (intelligent dance music) ou Braindance », « intelligent techno », voire « jungle », « drill and bass », « breakcore » ou même « noise » (« bruit »). Son répertoire étant très variable, s'étendant de l'hymne mélodique/harmonique répétitif au beat le plus agressif et rapide, il est difficile de trancher dans les classements. Cependant, on peut remarquer une certaine récurrence de l'ambiguïté rythmique, de l'orchestration d'un grand nombre de pistes se répétant en boucles de rythmes différents et très précis, de l'utilisation de la micro-rythmique comme appui des rythmes principaux et de l'intervention de partitions extrêmement harmoniques, souvent en forme de ritournelles enfantines, comme balance de l'instabilité rythmique. Cela en fait une musique complexe qui exige une grande attention d'écoute, ce qui lui vaut son appellation de braindance ou Intelligent dance music. L'usage d'échantillons de voix manipulées est également assez récurrent, et vient aussi balancer et affiner le rythme du morceau. L'électronique permet d'être extrêmement précis et systématique dans le rythme, d'une façon impossible à interpréter pour un musicien. À ce titre, il est intéressant de noter qu'un ensemble contemporain, Alarm Will Sound, a interprété des titres d'Aphex Twin avec des instruments d'orchestration classiques en essayant de se coller le plus possible à l'œuvre originale. Malgré une excellente précision, il en ressort une élasticité, une certaine mollesse, qui n'est pas présente dans les originaux; cela est du aux micro-déviations de jeu, inévitables lors de l'interprétation par des êtres humains. Néanmoins, l'œuvre ne paraît pas dénaturée, et l'on peut ainsi conclure qu'une grande partie du dynamisme et de la dureté rythmiques, caractéristiques d'Aphex Twin, sont dues à l'extrême précision des rythmes utilisés[54].



Discographie |


Article détaillé : Discographie de Richard D. James.

Complètement opposé à l'industrie du disque et à son système de choix de mise sur le marché, Richard D. James jongle avec les noms, les labels et les contrats. Il utilise différents pseudonymes depuis 1992[55] : Caustic Window, GAK, Polygon Window, AFX, Power Pill, Soit-P.P., Blue Calx, Q-Chastic, Martin Tressider, Bradley Strider, The Aphex Twin (pour le maxi Digeridoo et la compilation Classics, édités par les Belges de R&S Records), Aphex Twin, The Dice Man, Rich (de Mike & Rich), Tahnaiya Russell, DJ Smojphace, The Tuss et dernièrement user48736353001 sur le site de streaming musical Soundcloud.



Vidéographie |



Clips |




  • On, 1993, réalisé par Jarvis Cocker & Martin Wallace


  • Donkey Rhubarb, 1995, réalisé par David Slade


  • Ventolin, 1995, réalisé par Steve Doughton & Gavin Wilson


  • Come to Daddy, 1997, réalisé par Chris Cunningham


  • Windowlicker, 1999, réalisé par Chris Cunningham


  • Windowlicker (Bleeped Version), 1999, réalisé par Chris Cunningham


  • Nannou, 2003, réalisé par Laurent Briet


  • CIRKLON3 [ Колхозная mix ], 2016, réalisé par Ryan Wyer


  • T69 Collapse, 2018, réalisé par Weirdcore[56]



Autres vidéos |




  • Shotkeya, 1993, réalisé par Taste Video, musique mixé par DJ Dr. Atmo


  • Flex, 2000, réalisé par Chris Cunningham


  • Monkey Drummer, 2001, réalisé par Chris Cunningham


  • Omgyjva-switch 7 (The Baghdad Blog), 2003, réalisé par Mat Cook


  • Rubber Johnny, 2005, réalisé par Chris Cunningham, Warp film



Références |



  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Aphex Twin » (voir la liste des auteurs).



  1. a b et c(en) John Bush, « Aphex Twin, Biography & History », sur allmusic.com (consulté le 28 décembre 2018)


  2. a et b(en) Paul Lester, « The Friday interview: Aphex Twin », sur theguardian.com, 5 octobre 2001


  3. (en) Simon Vozick-Levinson, « Aphex Twin Discusses ‘Syro,’ His First New Album Since 2001 », sur rollingstone.com, 3 septembre 2014


  4. a et b(en) « APHEX TWIN, full Official Chart History », sur officialcharts.com (consulté le 28 décembre 2018)


  5. (en) Jim Carroll, « The Aphex Twin has spoken… », sur irishtimes.com, 14 janvier 2015


  6. a b et c(en) John O'Connell, « The Aphex Twin Community / Learn / Interviews & Articles / The Face Magazine », sur aphextwin.nu, octobre 2001


  7. (en) Theresa Stern, « The Aphex Twin Community / Learn / Interviews & Articles / Interview by Theresa Stern », sur aphextwin.nu, septembre 1997


  8. a et b(en) « A Classic Aphex Twin Interview. Simon Reynolds Talks To Richard D. James », sur thequietus.com, 21 juin 2010


  9. a et b(en) Stuart Aitken, « Stuart Aitken », sur stuartaitken.com (consulté le 28 décembre 2018)


  10. (en) Benjamin Middleton, « ~~ rephlex ~~ aphex ~~ drn ~~ - Google Groupes », sur groups.google.com, 30 octobre 1992


  11. a et b(en) Dave Robinson, « The Aphex Effect », Future Music Magazine,‎ avril 1993, p. 22-23


  12. (en) Janet Murray, « College days », sur theguardian.com, 12 juin 2007


  13. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ;
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  14. (en) Grant Wilson-Claridge, « ~~~ The definitive RePHLeX ~~~ - Google Groupes », sur groups.google.com, 30 novembre 1992


  15. a et b(en) David Toop, « Most in space » [archive], sur xltronic.com, mars 1994


  16. (en) Pat Blashill, « Selected Ambient Works 85-92 » [archive], sur rollingstone.com, 12 décembre 2002


  17. (en) David Pecoraro, « https://pitchfork.com/article/record_review/14986-selected-ambient-works-85-92/ » [archive], sur pitchfork.com, 20 février 2002


  18. (en) « Aphex Twin Biography » [archive], sur rollingstone.com, 2001


  19. (en) « The 50 best Aphex Twin tracks of all time », sur factmag.com, 14 avril 2017


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  53. Corentin Fraisse, « Aphex Twin publie le clip choc “T69 Collapse” pour annoncer son nouvel EP ! », sur tsugi.fr, 7 août 2018


  54. Anthony Papavassiliou, Une étude de l’Intelligent Dance Music : analyse du style rythmique d’Aphex Twin, Université Laval, 2014, 120 p.


  55. Fabricio Cardenas, Musicam scire, Richard David James alias..., 21 août 2011


  56. Guillaume Schnee, « "T69 Collapse" : clip épileptique d'Aphex Twin », sur FIP, 8 août 2018



Voir aussi |



Bibliographie |



  • Nicolas Dambre, Les musiques électroniques, Éditions Alternatives, Paris, 2001 (ISBN 2862272698)


  • Jon Savage (trad. Étienne Menu), Machine Soul : une histoire de la techno [« Machine Soul: a history of techno »], Éditions Allia, février 2011, 58 p., 90 mm × 140 mm (ISBN 978-2-84485-381-3), p. 48
    Le texte constituant cet ouvrage est la traduction de l'article initial suivant : (en) Jon Savage, « Machine Soul: a history of techno », The Village Voice,‎ 1993(ISSN 0042-6180)




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