Concours Eurovision de la chanson





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Image illustrative de l’article Concours Eurovision de la chanson
Généralités
Organisateur L'Union européenne de radio-télévision, en collaboration avec un diffuseur hôte
Création 1956
Édition 63 (en 2018)
Périodicité
Annuelle (mai)
Localisation Europe
Nombre de participants 43 (en 2018)
Palmarès
Champion en titre
Israël, avec Toy par Netta
Plus titré
Johnny Logan pour l'Irlande, avec 2 victoires (en 1980 et 1987)
Chronologie


Pour la compétition à venir, voir :
Concours Eurovision de la chanson 2019

Pour la dernière compétition, voir :
Concours Eurovision de la chanson 2018

Le Concours Eurovision de la chanson (en anglais : Eurovision Song Contest) est un événement annuel organisé par l'Union européenne de radio-télévision, l'UER. Il réunit les membres de l'Union dans le cadre d'une compétition musicale, diffusée en direct et en simultané par tous les diffuseurs participants. Il est retransmis à la télévision (par câble et satellite), la radio et sur Internet. Appelé plus communément Eurovision, d'après le réseau télévisé du même nom, il a été inventé par le directeur général de la télévision publique suisse, Marcel Bezençon, sur le modèle du Festival de Sanremo, créé peu de temps auparavant. Sa toute première édition a eu lieu le 24 mai 1956, à Lugano, en Suisse. Sept pays fondateurs ont concouru alors pour la victoire. Depuis, le Concours s'est tenu chaque année, sans aucune interruption. Le nombre de pays participants n'a cessé d'augmenter, passant de sept à une quarantaine au XXIe siècle. À travers les décennies, le Concours a évolué, s'est adapté et réinventé, accompagnant les développements technologiques et musicaux, mais aussi historiques et politiques.


L'Eurovision possède certains attributs symboliques qui ont pérennisé son ancrage dans les mémoires, comme son thème d'ouverture, le prélude orchestral du Te Deum de Marc-Antoine Charpentier. De même, sa procédure de vote, souvent perçue comme sa séquence la plus importante, se déroule selon un schéma récurrent et des règles bien précises. Elle est devenue un véritable rituel annuel.


L'Eurovision est ouvert aux seuls membres actifs de l'UER. Ces membres sont des diffuseurs soit de pays situés dans la Zone européenne de radiodiffusion soit des diffuseurs de pays situés en dehors de cette zone mais membres du Conseil de l'Europe. Tous doivent être membres de l'Union internationale des télécommunications. Cela inclut donc des pays situés en Europe, en Asie et en Afrique. Le Concours est aussi retransmis en direct sur les autres continents, notamment en Afrique du Sud, en Australie, au Canada, en Corée du Sud, aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande et en Chine.


L'Eurovision demeure l'un des plus anciens programmes télévisés au monde, et le plus important concours musical jamais organisé. Son succès a dépassé les frontières du continent européen et il a inspiré de nombreuses autres compétitions musicales.




Sommaire






  • 1 Histoire


    • 1.1 Origines


    • 1.2 Débuts


    • 1.3 Années 1960


    • 1.4 Années 1970


    • 1.5 Années 1980


    • 1.6 Années 1990 (expansion)


    • 1.7 Années 2000


    • 1.8 Années 2010




  • 2 Règles


    • 2.1 Chansons


    • 2.2 Présentation


    • 2.3 Vote


    • 2.4 Résultats


    • 2.5 Ex æquo




  • 3 Format


    • 3.1 Généralités


    • 3.2 Préparatifs


    • 3.3 Répétitions


    • 3.4 Soirées




  • 4 Langues


  • 5 Pays participants


  • 6 Vainqueurs


  • 7 Villes hôtes


  • 8 Présentateurs et superviseurs


  • 9 Records


  • 10 Controverses


    • 10.1 Controverses portant sur les musiques


    • 10.2 Controverses politiques


    • 10.3 Controverses portant sur les votes




  • 11 Autres faits notables


  • 12 Analyse


  • 13 Phénomène de société


  • 14 Audiences télévisées cumulées


  • 15 Programmes dérivés


  • 16 Notes et références


    • 16.1 Notes


    • 16.2 Références




  • 17 Voir aussi


    • 17.1 Bibliographie


    • 17.2 Liens externes







Histoire |


Article détaillé : Histoire du Concours Eurovision de la chanson.


Origines |


Le Concours Eurovision de la chanson trouve ses origines dans le contexte géopolitique des années 1950 et la volonté des dirigeants politiques de l'époque de créer des liens indissolubles entre les pays européens[1]. C'est ainsi qu'est fondée en 1950, l'Union européenne de radio-télévision, qui rassemble les radios et télédiffuseurs publics des principaux pays d'Europe de l'Ouest. Ceux-ci souhaitent mettre leurs ressources en commun, afin d'améliorer la qualité de leurs programmes et de réaliser des économies d'échelle[2].


Il faut cependant plusieurs années à l'UER pour développer des moyens de production centralisés et surtout, un imaginaire collectif[3]. Ce n'est qu'en 1953 que les diffuseurs membres décident ensemble d'un agenda commun, qui présidera à la saison télévisuelle de l'année 1954[4].


En janvier 1955, après une première saison satisfaisante, les diffuseurs membres décident de la création d'un événement qui permettra à la fois de populariser l'UER, de promouvoir les relations entre ses membres et d'employer les nouvelles ressources offertes par le réseau Eurovision. Le directeur général de la télévision publique suisse, Marcel Bezençon, avance l'idée d'un festival de musique, sur le modèle de celui de Sanremo, créé en 1951[5],[6],[7]. Le 19 octobre 1955, les délégués des diffuseurs membres se réunissent au Palais Corsini, à Rome. Le projet est définitivement adopté, et les principes fondamentaux de la compétition musicale télévisuelle et radiophonique formalisés. Le Concours sera un programme télévisé, diffusé en direct et en simultané par tous les diffuseurs participants[8]. Chacun d'entre eux présentera une chanson originale, jouée et interprétée en direct. Une fois toutes les chansons présentées, chaque pays leur attribuera des points. Au terme du vote, le pays ayant obtenu le plus grand nombre de points sera déclaré vainqueur[8].



Débuts |



Logo du premier Concours Eurovision.

Logo du premier Concours Eurovision.


Le tout premier Concours Eurovision de la chanson a lieu le jeudi 24 mai 1956, au Teatro Kursaal de Lugano, en Suisse. Sept pays concourent pour le grand prix : l'Allemagne, la Belgique, la France, l'Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas et la Suisse. L'Autriche, le Danemark et le Royaume-Uni devaient également participer mais ils n'ont pu respecter la date limite d'inscription et doivent s'abstenir. Tous trois diffusent cependant l'événement[6]. C'est le pays hôte, la Suisse qui remporte la victoire, avec la chanson Refrain, interprétée par Lys Assia.


Cette première édition demeure particulière. Seuls des artistes en solo sont admis à concourir et toute chorégraphie est interdite. De plus, chaque pays présente deux chansons — en raison du nombre restreint de participants —, et envoie à Lugano deux jurés. Chaque juré peut attribuer deux points à une chanson, même à une chanson de son propre pays[9]. Les résultats complets n'ont jamais été rendus publics, les bulletins de vote étant détruits immédiatement après la fin de la compétition. Il n'y a donc ni deuxième, ni dernière place[10].


En 1957, de nouvelles règles donnent au Concours son format actuel. Ainsi, les pays participants ne peuvent présenter qu'une seule chanson. En revanche, des duos sont admis à concourir[11]. La procédure de vote est intégrée au spectacle. Les membres du jury sont désormais contactés par téléphone et donnent leurs résultats oralement et en direct[9]. Une règle fondamentale du Concours est adoptée : il est interdit aux membres des jurys nationaux de voter pour leur propre pays[11].


En 1958, est instaurée la règle imposant au pays victorieux d'organiser le Concours de l'année suivante[12].



Années 1960 |



France Gall, lauréate du Concours 1965.

France Gall, gagnante du Concours Eurovision de la chanson 1965.


En 1960, le Concours a lieu le mardi 29 mars. C'est la dernière fois qu'il se tient au milieu de la semaine. Par la suite, il a toujours lieu durant le week-end[13]. La chanson gagnante, Tom Pillibi, interprétée par la Française Jacqueline Boyer, devient la première chanson gagnante du Concours à devenir un succès dans plusieurs pays européens : l'Allemagne, la France, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suède notamment. Pour la première fois, le trophée est remis par le gagnant de l'année précédente. Cette nouveauté devient rapidement une tradition[14].


En 1962, à la suite de l'adoption d'un nouveau système de vote, quatre pays ne reçoivent aucun point. C'est la première fois que le tableau d'affichage ne marque aucun point, ce qui donne naissance à une expression particulière : le « nul point », qui désigne toute dernière place sanctionnée par un score nul[15]. En 1964, pour la toute première fois, l'UER délègue sur place un superviseur : Miroslav Vilcek. Il a été chargé de surveiller le déroulement du vote et d'en contrôler les résultats[16]. La chanson gagnante, Non ho l'età par Gigliola Cinquetti, rencontre par la suite un immense succès partout en Europe, une autre première dans l'histoire du Concours[17].


En 1965, le Concours est diffusé dans les pays d'Europe de l'Est, par le biais du réseau Intervision, pour une audience potentielle de 150 millions de téléspectateurs, un record pour l'époque[18]. La chanson gagnante, Poupée de cire, poupée de son par France Gall, rencontre un immense succès partout en Europe et pour la première fois de l'histoire du Concours, dans le monde entier[17]. En 1968, pour la toute première fois, le Concours est filmé et diffusé en couleurs. Mais seuls six pays tirent bénéfice de cette innovation technique : l'Allemagne, la France, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse. Les autres pays le diffusent en noir et blanc[19].


En 1969, pour la première fois, le vote se termine sur un ex æquo. L'Espagne, la France, les Pays-Bas et le Royaume-Uni obtiennent chacun 18 votes. Cette possibilité n'ayant pas été envisagée par le règlement, ces quatre pays sont déclarés vainqueurs et il y a donc quatre chansons gagnantes. Il n'y a ni deuxième, ni troisième, ni quatrième place[20]. Ce résultat remarquable suscite la controverse dans les médias et de nombreux télédiffuseurs demandent une révision des termes du règlement, avant d'envisager une nouvelle participation[21].



Années 1970 |



Photo du groupe ABBA, gagnant du Concours en 1974.

Le groupe suédois ABBA, en 1974, l'année de leur victoire au concours.


En 1970, l'UER adapte le règlement du Concours. Désormais, si deux ou plusieurs chansons obtiennent le même nombre de votes, elles seront chantées à nouveau. Les jurys des autres pays devront alors revoter et choisir laquelle leur semblait la meilleure. En cas de nouvel ex æquo, les chansons concernées seront toutes déclarées gagnantes[22]. Mais l'innovation principale de cette édition 1970 est l'introduction des cartes postales. Il s'agit de courts-métrages, présentant au public les artistes et projetés avant chaque prestation[23].


L'édition 1974 du concours est marquée par la victoire d'ABBA, avec la chanson Waterloo. C'est la première fois qu'un pays remporte le grand prix dans une langue autre qu'une de ses langues nationales. Waterloo rencontre par la suite un très grand succès commercial et est le premier vainqueur du concours à entrer dans le Top 10 du Billboard américain. C'est également le point de départ d'une formidable carrière pour ABBA[24]. Par ailleurs, le décès inopiné du président Georges Pompidou, le mardi 2 avril 1974, entraîne le retrait de la télévision française et de la candidate Dani : les obsèques présidentielles se tiennent en effet le samedi 6 avril, jour de la finale du Concours[25].


En 1975, le système de vote a été modifié. Les jurys doivent désormais attribuer 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 10 et 12 points à leurs dix chansons préférées. Ce nouveau système délivre une procédure plus longue, mais plus juste et plus excitante dans son déroulement[26]. Il demeure celui toujours employé à l'heure actuelle et ne connaît de légères modifications que dans l'énonciation des résultats, en 1980 et en 2006.



Années 1980 |


En 1983, une innovation technique majeure est introduite : l'usage de micros sans fil[27]. En 1987, pour la première fois, des sponsors aident à la réalisation du Concours et apparurent à l'écran[28]. Également pour la première fois, l'UER fixe un nombre limite de participants : vingt-deux. Cela, afin de limiter à trois heures la durée de retransmission du Concours[29].


Le Concours 1988 est marqué par la victoire de Céline Dion, représentant la Suisse, avec sa chanson Ne partez pas sans moi au terme d'une procédure à suspense. En effet, avant le dernier vote, le Royaume-Uni mène le vote avec 136 points et la Suisse est deuxième avec 131 points. Le jury yougoslave, dernier à voter attribue 6 points à la Suisse, la plaçant en tête avec 137 points. La porte-parole yougoslave continue la procédure, attribuant les points supérieurs. Au moment d'attribuer les « douze points », aucun n'a encore été attribué au Royaume-Uni. Finalement, les « douze points » yougoslaves vont à la France, suscitant une grande exclamation du public. La Suisse a alors remporté la victoire avec un seul point d'avance face au Royaume-Uni. Cette chanson est, en 2018, la dernière chanson en français à avoir remporté la victoire[30].


En 1989, deux des participants suscitent une vive controverse dans les médias, en raison de leur jeune âge. L'UER décide alors de modifier le règlement du concours. Dès l'année suivante, il est imposé aux candidats d'avoir seize ans révolus le jour du concours[31]. En outre, l'UER modifie la règle des ex æquo. Désormais, en cas d'ex æquo, la victoire sera attribuée au pays ayant remporté le plus de « douze points ». Si deux ou plusieurs pays ont reçu en nombre égal la note maximale, ils seront départagés par le décompte des « dix points » et ainsi de suite[31].



Années 1990 (expansion) |



Carte des participants réguliers en 1992.

Carte des participants réguliers en 1992. La Yougoslavie est en rouge, 1992 étant la dernière année d'existence du pays.



Carte des participants réguliers en 1994.

Participants réguliers en 1994. Les principaux changements incluent la participation d'états de l'ex-Yougoslavie et de l'Europe de l'Est, montrant une expansion du Concours importante.


En 1991, pour la deuxième fois dans l'histoire du Concours, après 1969, le vote se conclut sur un ex æquo. La France et la Suède ont en effet obtenu chacune 146 points à l'issue de la procédure. Le superviseur décide alors de mettre en application la règle ad hoc, introduite en 1989. Il fait procéder au décompte des « douze points ». Il apparaît alors que la France et la Suède en ont reçu chacune quatre. Le superviseur décompte alors les « dix points ». La France en a reçu deux et la Suède, cinq. Par conséquent, la Suède a été proclamée vainqueur[32]. C'est la toute première fois que le vainqueur a été désigné en recourant à la règle des ex æquo[33].


En 1993, à la suite de la chute du Rideau de fer, à l'intégration de l'OIRT dans l'UER et à la dislocation de la Yougoslavie, le nombre de pays désireux de participer au concours croît fortement. L'UER élargit le nombre maximum de pays participants, le faisant passer de vingt-trois à vingt-cinq. Mais seuls les vingt-deux pays ayant participé à l'édition 1992 du Concours obtiennent d'emblée une place en finale de l'édition 1993. L'UER décidé que les trois dernières places seraient attribuées via une présélection, qui sera organisée par la télévision publique slovène : Kvalifikacija za Millstreet, la toute première présélection de l'histoire du Concours[34]. Les débuts de la Bosnie-Herzégovine suscitent l'intérêt des médias, ainsi qu'un vif courant de sympathie envers la délégation bosnienne. Le pays est en effet au beau milieu d'une guerre sanglante[33]. Au moment du Concours, le territoire bosnien est en grande partie occupé et sa capitale, Sarajevo, encerclée par l'armée serbe qui en fait le siège. La délégation bosnienne a d'ailleurs les plus grandes peines à quitter le pays. Elle doit ainsi courir sur le tarmac de l'aéroport de Sarajevo, pour échapper aux balles des tireurs embusqués. Le chef d'orchestre bosnien doit pour cette raison renoncer à embarquer et voit l'avion partir sans lui[34].


En 1994, l'UER introduit une nouvelle règle, visant à réguler le trop grand nombre de pays souhaitant participer au concours : la relégation. Désormais, les six pays terminant aux dernières places du classement final perdent leur droit à concourir l'année suivante. La relégation reste en vigueur jusqu'en 2004 et l'instauration de demi-finales[34].


En 1996, cependant, l'UER décide d'en revenir à un système de présélection. Seul le pays hôte, la Norvège obtient une qualification automatique pour la finale. Les vingt-huit autres pays doivent passer par la présélection[35]. Cette dernière est une présélection audio : il n'y a d'elle aucune retransmission télévisée. Il n'y a pas non plus de prestation en direct et avec orchestre des chansons. Cette méthode de présélection suscite immédiatement la controverse. Premièrement, sa procédure manque de transparence : le vote demeure secret et le grand public n'y a aucun accès. Deuxièmement, elle s'avère injuste pour certains pays qui se voient éliminés d'emblée, sans avoir eu la possibilité de présenter leur candidat à l'Europe et au monde, et parfois après avoir organisé un processus de sélection interne long et coûteux. Par conséquent, c'est la seule fois où cette méthode a été employée. Le système des relégations a été réinstauré l'année suivante[35].


En 1997, pour la toute première fois, dans cinq pays (l'Allemagne, l'Autriche, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse), le vote est décidé par télévote. Les spectateurs peuvent décider par téléphone de leurs chansons préférées. Leurs votes ainsi exprimés sont ensuite agrégés, en 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 10 et 12 points[36]. L'introduction partielle du télévote est voulue par l'UER pour rajeunir l'image du Concours et faire se rapprocher les chansons gagnantes, des standards de la musique contemporaine. Le test est considéré comme réussi et l'année suivante, le télévote est étendu à tous les pays participants[36].


En 1999, l'UER décide de créer un statut particulier pour ses plus importants contributeurs financiers. Ceux-ci recevront désormais la garantie d'une place automatique en finale, quels que soient leurs résultats des cinq années précédentes[37]. Cette mesure concerne à l'époque l'Allemagne, l'Espagne, la France et le Royaume-Uni, connus désormais sous l'appellation collective de « Big Four ». L'Italie vient les rejoindre en 2011 et ensemble, ils forment alors le groupe des « Big Five ». En outre, le recours à un orchestre devient facultatif. La télévision publique israélienne se saisit de cette opportunité pour réduire le budget de l'organisation et ne fournit simplement aucun orchestre aux participants. C'est donc la première fois dans l'histoire du Concours qu'aucune musique n'est interprétée en direct durant la retransmission et que tous les interprètes ont été accompagnés d'une bande-son[37]. La suppression de l'orchestre suscite la controverse. De nombreux experts et fans du Concours s'en montrent extrêmement déçus[38].



Années 2000 |



Le ärken Stadium de Copenhague, lieu ayant accueilli le Concours 2001.

Le Parken Stadium à Copenhague, lieu d'accueil du Concours 2001.


En 2001, le Danemark, qui a remporté l'édition 2000, se charge de l'organisation du Concours. La volonté initiale des organisateurs est de surpasser de toutes les façons possibles la production suédoise de l'année précédente[39]. Ils décident pour cela de transformer le Concours en une superproduction télévisuelle à la pointe de la technologie et du progrès[40]. Le Concours a lieu au Parken Stadium, stade omnisports situé à Copenhague. Le record de 13 000 spectateurs établi l'année précédente, est largement surpassé, puisque 35 000 spectateurs prennent place dans le Parken, le plus vaste public de l'histoire du Concours. Le résultat est cependant décevant : la plupart des spectateurs dans le Parken ne peuvent même pas apercevoir les artistes, étant tous assis trop loin de la scène[41].


En 2003, l'UER modifie une dernière fois la règle en matière d'ex æquo. Désormais, si deux ou plusieurs pays obtiennent le même score final, sera déclaré vainqueur le pays ayant reçu des points du plus grand nombre de pays participants. En cas de nouvelle égalité, il sera alors procédé au décompte des « douze points », puis des « dix », etc[42].


En 2004, face au nombre croissant de pays souhaitant concourir, l'UER décide de supprimer le système des relégations et d'introduire une demi-finale, afin de déterminer les participants à la finale. Désormais, seront qualifiés d'office pour cette dernière : les quatre contributeurs financiers les plus importants de l'Union (les « Big Four » - l'Allemagne, l'Espagne, la France et le Royaume-Uni) ainsi que les dix autres pays ayant terminé en tête du classement (y compris le pays vainqueur). Tous les autres pays devront passer par la demi-finale, organisée le mercredi précédant la finale et au terme de laquelle dix autres pays se qualifieront. Les pays non qualifiés conserveront néanmoins leur droit de vote pour la finale[43]. En outre, afin de donner une identité plus permanente et durable au concours, l'UER décide de le doter d'un logo générique[43].



Photo d'Alexander Rybak, vainqueur du Concours 2009.


Alexander Rybak, vainqueur du Concours 2009.


En 2005, l'UER organise conjointement avec la télévision publique danoise, une cérémonie spéciale à Copenhague, le 22 octobre, pour célébrer les cinquante ans du Concours[44]. Intitulée Congratulations : 50 ans du Concours Eurovision de la chanson (en anglais : Congratulations: 50 Years of the Eurovision Song Contest), l'émission sert également à déterminer la meilleure chanson ayant concouru durant ces cinquante années. Trente-deux pays diffusent l'émission en direct et participent au vote. C'est finalement la chanson Waterloo, interprétée par le groupe ABBA et qui a remporté la victoire pour la Suède en 1974, qui est couronnée[45].


En 2008, le nombre croissant de pays participants et la controverse sur les résultats de l'édition 2007 poussent l'UER à modifier les règles du Concours. Le principe d'une demi-finale unique, utilisé depuis 2004, est supprimé et remplacé par celui de deux demi-finales, organisées le mardi et le jeudi précédant la finale. Désormais, ne seront plus qualifiés automatiquement pour la finale que le pays hôte (vainqueur de l'édition précédente) et les « Big Four » (les quatre plus importants contributeurs financiers de l'Union – l'Allemagne, l'Espagne, la France et le Royaume-Uni). Tous les autres pays participants devront passer par une des deux demi-finales pour se qualifier[46]. Les résultats de ces demi-finales seront décidés selon une nouvelle clé de répartition entre les votes du public et les votes des jurys de substitution. Le public continueront de voter par téléphone et SMS lors du direct et les jurys, lors de la dernière répétition générale. Les neuf chansons arrivées en tête du vote du public, se qualifieront automatiquement pour la finale. La dixième chanson sera décidée par les jurys : il s'agira de celle la plus haut placée dans leur classement, qui n'aura pas été qualifiée par le télévote[46]. Pour la première fois, est créé un trophée générique, destiné à remplacer les différents modèles utilisés antérieurement. Sa conception est confiée à l'artiste verrier suédois Kjell Engman. Celui-ci conçoit un modèle en forme de microphone classique, coulé dans du verre solide translucide[47].


En 2009, à la suite des controverses des deux années précédentes sur le système de vote et ses résultats, l'UER décide de modifier le règlement du Concours et de réintroduire un vote de jurys professionnels en finale. Désormais, chaque pays devra établir deux classements : le premier selon les votes des téléspectateurs ; le second selon les votes d'un jury de cinq spécialistes. Les deux classements seront ensuite additionnés, en prenant comme base les places obtenues par chaque chanson. La moyenne des classements respectifs donnera les résultats finaux du pays. En cas d'égalité entre deux chansons dans les résultats finaux, le classement des téléspectateurs l'emportera sur celui du jury. La clé de répartition des votes pour les demi-finales demeure inchangée[48].



Années 2010 |




Première version du logo générique, utilisée entre 2004 et 2014.




Seconde version du logo générique, utilisée depuis 2015.


En 2010, l'UER décide d'harmoniser le système de vote entre la finale et les demi-finales. Le système employé l'année précédente pour la finale est ainsi étendu à ces dernières[49].


En juillet 2014, dix ans après son introduction et sur demande de l'UER, l'agence néerlandaise de communication Citizen Agency procède à une mise à jour du logo générique du Concours[50].


La 60e édition du Concours est la première à voir participer un pays qui ne soit pas un membre actif de l'UER : l'Australie. En effet, le diffuseur australien SBS diffuse alors le Concours depuis trente ans, est un diffuseur associé de l'UER et a déjà eu une importante implication en créant un entracte de la deuxième demi-finale de l'Eurovision 2014. L'Australie est alors invitée à concourir exceptionnellement lors de l'édition 2015, dans un but également commémoratif pour le 60e Concours. L'Australie accepte l'invitation et ainsi, peut concourir sous les mêmes règles que les autres participants. Cependant, afin de ne pas compromettre les chances de qualification des participants européens, l'Australie est annoncée comme qualifiée d'office en finale, au même titre que l'Autriche (pays hôte cette année) et que le Big Five[51]. L'Australie continuera finalement de concourir en 2016, 2017 et 2018



Photo de Guy Sebastian, premier représentant de l'Australie au Concours


Guy Sebastian, premier représentant de l'Australie au Concours.


Toujours en 2015, le Concours a été récompensé du record Guiness de la plus longue compétition musicale annuelle encore en cours[52].


En 2017, l'Ukraine, qui organise le concours cette année-là, interdit à la représentante de la Russie de venir au Concours. L'Eurovision réagit en en dénonçant une décision « inacceptable » et menace l'Ukraine d'exclusion des futures éditions[53]. Des journalistes russes accrédités pour l'Eurovision sont également refoulés à la frontière[54]. Finalement, l'UER sanctionne le diffuseur ukrainien d'une amende de 200 000 [55].


En septembre 2018, 140 artistes de renommée internationale signent une tribune appelant à boycotter le Concours 2019 se tenant en Israël. Parmi les signataires de cet appel, lancé en soutien aux artistes palestiniens, on relève entre autres les noms de Roger Waters, Ken Loach, Mike Leigh, Aki Kaurismäki, Yann Martel, Alia Shawkat, Jacques Tardi, Alain Guiraudie et Elli Medeiros. Selon les signataires, « Tant que les Palestiniens ne pourront pas jouir de la liberté, de la justice et de l'égalité des droits, il ne devrait pas y avoir d'affaire avec l'État qui leur refuse leurs droits fondamentaux »[56],[57].



Règles |


Article détaillé : Règles du Concours Eurovision de la chanson.


Chansons |


Les chansons concurrentes sont choisies lors de sélections nationales organisées par les diffuseurs participants. L'organisation et la forme de ces sélections sont laissées à l'entière détermination des diffuseurs participants[58]. Les chansons retenues ne doivent pas avoir été commercialisées avant le premier septembre de l'année précédente et leur durée maximale doit être de trois minutes[58].


Les paroles des chansons, ainsi que leur présentation, ne peuvent porter atteinte, ni au Concours, ni à l'UER. Il est interdit d'inclure tout mot ou tout geste de nature politique ou assimilable. Il est interdit d'inclure toute insulte ou tout langage inacceptable. Il est enfin interdit d'inclure tout message publicitaire d'aucune sorte[58].



Présentation |


Chaque présentation ne peut compter que six personnes au maximum sur scène. Aucun animal vivant ne peut être amené sur scène[58]. Tous les artistes participants doivent interpréter leur chanson en direct sur scène. Ils doivent être accompagnés par une bande-son préenregistrée, qui ne peut contenir aucune parole, ni aucun semblant de voix[58].



Vote |


Article détaillé : Vote au Concours Eurovision de la chanson.

Tous les diffuseurs participants doivent réunir un jury national, pour voter lors de la demi-finale, puis de la finale (même s'ils n'ont pas été qualifiés pour cette dernière)[58]. En outre, chaque diffuseur participant doit permettre aux téléspectateurs de son pays de participer au vote et à l'élection de la chanson gagnante[58]. Les téléspectateurs ne peuvent pas voter pour la chanson de leur propre pays.


La procédure de vote est souvent vue comme la partie la plus importante et la plus attendue du Concours, au point d'être profondément ancrée dans l'imaginaire collectif européen et d'être devenue un véritable rite annuel[59]. La procédure se déroule selon un schéma récurrent et des règles bien précises, fixées par les autorités responsables de l'UER[59]. Ces règles ont évolué au fur et à mesure des éditions du Concours et des développements technologiques[2]. Au total, huit systèmes de vote différents ont été utilisés.

















































Selon les règles actuelles, lors des demi-finales, les dix chansons ayant reçu les dix meilleurs résultats se qualifient pour la finale. Les résultats sont annoncés après que toutes les chansons ont été présentées et à l'issue d'un entracte. Les noms des pays qualifiés sont énoncés par les présentateurs. Ceux-ci les annoncent dans un ordre aléatoire. Les pays non qualifiés conservent leur droit de vote en finale.


Lors de la finale, les résultats sont annoncés après que toutes les chansons ont été présentées et à l'issue d'un entracte. Les points des jurys professionnels sont successivement annoncés par les porte-paroles des diffuseurs participants. Les points des téléspectateurs sont annoncés séparément par les présentateurs[58].


Les points attribués sont affichés sur un tableau virtuel dynamique. Les noms des pays y sont ordonnés en deux colonnes, selon le nombre de points reçus. Le pays en tête apparait en haut de la colonne de gauche ; la lanterne rouge, en bas de la colonne de droite. Les points de un à dix sont attribués automatiquement. Les porte-paroles annoncent l'attribution des « douze points », en s'exprimant clairement et distinctement, soit en anglais, soit en français. Les présentateurs annoncent ensuite les votes combinés des téléspectateurs dans l'ordre ascendant, en partant du pays ayant reçu le moins de points à celui en ayant reçu le plus[58].


Le gagnant du Concours est la chanson qui, à la fin de l'annonce des résultats, a obtenu le plus haut score des votes combinés. Les présentateurs annoncent alors le nom du pays vainqueur[58].


Les résultats complets des votes sont publiés, après la fin de la finale, sur le site officiel du Concours[58].



Résultats |


Après que toutes les chansons ont été présentées, les présentateurs doivent annoncer les résultats. Lors des demi-finales, il s'agit des noms des dix pays qualifiés[58]. Lors de la finale, les résultats des jurys professionnels sont annoncés successivement par les porte-paroles des diffuseurs participants. Ces porte-paroles doivent s'exprimer clairement et distinctement, soit en anglais, soit en français. Ils doivent énoncer les noms des pays concernés et le nombre de points qu'ils reçoivent. Les présentateurs doivent alors répéter les résultats dans l'autre langue usuelle du concours (en français, si les résultats sont énoncés en anglais ; en anglais, si les résultats sont énoncés en français). Une fois conclus les votes des jurys, les présentateurs annoncent les votes des téléspectateurs dans l'ordre ascendant, du pays ayant reçu le moins de points à celui en ayant reçu le plus[58].


Les gagnants respectifs des demi-finales et de la finale sont les chansons qui ont obtenu le plus haut score des votes combinés, au moment de l'annonce des résultats[58].



Ex æquo |


En cas d'un ex æquo pour la première place en finale, la chanson ayant reçu le plus grand nombre de points par le télévote l'emporte. En cas d'égalité, celle ayant reçu des points du plus grand nombre de télévotes l'emporte. En cas de nouvel ex æquo, il est procédé au décompte des « douze points » puis des « dix points », etc., etc., jusqu'à résolution du cas. Si malgré toutes ces procédures, l'ex æquo demeure, la chanson présentée la première durant la soirée, l'emporte[58].



Format |



Généralités |


La dénomination officielle de l'événement est « Concours Eurovision de la chanson », suivie de l'année durant laquelle il a lieu[58]. Le Concours est une coproduction internationale, organisée par l'Union européenne de radio-télévision et réunissant les membres de celle-ci. Il consiste en trois émissions diffusées en direct : deux demi-finales (ayant lieu le mardi et le jeudi) et une finale (ayant lieu le samedi). Ces trois émissions sont produites et retransmises en direct par le diffuseur hôte, et relayées par le réseau Eurovision[58]. L'émission est ainsi diffusée en direct et en simultané par tous les diffuseurs participants à la télévision (par câble et satellite) et à la radio. Le Concours est également retransmis sur Internet[2]. Le Concours est aussi retransmis en direct sur les autres continents, notamment en Afrique du Sud, en Australie, au Canada, en Corée du Sud, aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande et en Chine[5].


Les trois émissions se doivent d'être des productions télévisuelles de haute qualité artistique et de dimension internationale. Elles voient la présentation successive des chansons choisies par les membres actifs de l'UER pour les représenter au concours[58]. Les trois émissions sont animées par des présentateurs internationaux. Ceux-ci doivent s'exprimer en anglais et en français. Les diffuseurs doivent appointer des commentateurs nationaux pour relayer l'événement à l'attention de leur audience nationale respective[58].



Préparatifs |


Les préparatifs débutent immédiatement après la victoire. Le diffuseur vainqueur, désormais diffuseur hôte, se retrouve chargé de l'organisation de l'édition suivante du Concours[60]. La première étape est la désignation d'une équipe chargée de la direction et de la coordination des préparatifs[60]. Ensuite, le diffuseur doit choisir une ville et une salle susceptibles d'accueillir le Concours[60]. La ville doit répondre à plusieurs critères fixés par l'UER[60] :



  • un aéroport international doit être facile d'accès depuis la ville hôte ;

  • les transports dans la ville hôte doivent être suffisants ;

  • la salle doit pouvoir accueillir au moins 10 000 spectateurs ;

  • un centre de presse d'au moins 1 500 places doit être disponible ;

  • la ville doit pouvoir accueillir les fans, la presse et les délégations. Pour cela, au moins 2 000 chambres d'hôtel sont requises, dans différentes catégories de prix.


Le diffuseur décide du logo secondaire, du slogan, ainsi que de la charte graphique de l'édition.



Répétitions |


Les répétitions débutent une dizaine de jours avant la première demi-finale et suivent un calendrier préétabli. Chaque délégation a droit à deux répétitions individuelles[61], qui permettent les ajustements sonores et visuels nécessaires. Chaque répétition individuelle est suivie par une conférence de presse, durant laquelle les délégations répondent aux questions des journalistes[61]. Ensuite, pour chaque soirée, ont lieu trois répétitions générales. La deuxième répétition générale est vue comme la plus importante : elle a lieu la veille et sert aux jurys nationaux à établir leurs votes[61].


Parallèlement aux répétitions, de nombreux événements sont organisés dans la ville hôte, afin d'accueillir et distraire les fans et les délégations[61].



Soirées |



Photo de la scène du Concours 2015.

Scène du Concours 2015.


Les trois soirées s'ouvrent et se concluent sur l'hymne officiel de l'UER, le prologue orchestral du Te Deum de Marc-Antoine Charpentier[1]. Ce signal indique l'entrée et la sortie du réseau Eurovision[1]. Il s'agit en réalité de l'hymne officiel de l'UER, choisi en 1953, et qui sert d'indicatif de connexion au réseau Eurovision. Les demi-finales se concluent par la proclamation des dix pays qualifiés pour la finale[58]. La finale se conclut, pour sa part, par la remise du trophée aux auteurs, compositeurs et interprètes de la chanson gagnante, ainsi qu'aux représentants du diffuseur victorieux ; puis, par la reprise de la chanson gagnante[58].



Langues |


Article détaillé : Langues au Concours Eurovision de la chanson.

Le premier règlement du Concours ne comporte aucune disposition sur l'emploi des langues. Il est alors implicitement admis que chaque pays recoure à l'une de ses langues nationales. Mais en 1965, le représentant suédois, Ingvar Wixell, interprète sa chanson en anglais et devint ainsi le tout premier participant à chanter dans une langue étrangère à son pays. Cette démarche suscite une vive controverse[62]. Par conséquent, l'UER introduit une nouvelle règle : dès 1966, les participants ont l'obligation de chanter dans l'une des langues nationales de leur pays[63]. En 1973, l'UER met fin à cette obligation et les artistes purent interpréter leur chanson dans la langue de leur choix[64]. En 1977, l'UER réinstaure la règle et ce n'est qu'en 1999 qu'elle est définitivement abolie[37]. Le règlement actuel du Concours dispose donc que les diffuseurs participants sont entièrement libres de choisir la langue dans laquelle leurs représentants chanteront au concours[58].


Le tableau ci-dessous répertorie l'année de premier usage des langues — ou formes dialectales — utilisées au Concours, ainsi que les pays, artistes et chansons correspondantes. Ne sont comptabilisées que les langues utilisées dans au moins un couplet ou un refrain entier de la chanson. Les premiers usages brefs d'une langue ou d'un dialecte sont répertoriés sans être comptabilisés.

















































































































































































































































































































































































































































































































































Tableau récapitulatif des langues employées
Ordre
Langue
Premier emploi
Pays
Artiste(s)
Chanson
1

Néerlandais

1956

Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas

Jetty Paerl

De vogels van Holland
2

Allemand

Drapeau de la Suisse Suisse

Lys Assia

Das alte Karussell
3

Français

Drapeau de la Belgique Belgique

Fud Leclerc

Messieurs les noyés de la Seine
4

Italien

Drapeau de l'Italie Italie

Franca Raimondi

Aprite le finestre
5

Anglais

1957

Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni

Patricia Bredin

All

mots d'espagnol

1957

Drapeau de l'Allemagne Allemagne

Margot Hielscher

Telefon, Telefon
6

Danois

1957

Drapeau du Danemark Danemark

Birthe Wilke et Gustav Winckler

Skibet skal sejle i nat
7

Suédois

1958

Drapeau de la Suède Suède

Alice Babs

Lilla stjärna
8

Luxembourgeois

1960

Drapeau du Luxembourg Luxembourg

Camillo Felgen

So laang we's du do bast
9

Norvégien

Drapeau de la Norvège Norvège

Nora Brockstedt

Voi-voi

mots de same

1960

Drapeau de la Norvège Norvège

Nora Brockstedt

Voi-voi
10

Espagnol

1961

Drapeau de l'Espagne Espagne

Conchita Bautista

Estando contigo
11

Finnois

Drapeau de la Finlande Finlande
Laila Kinnunen

Valoa ikkunassa
12

Serbe (variété de serbo-croate)[N 1]

Drapeau de la République fédérative socialiste de Yougoslavie Yougoslavie
Ljiljana Petrović

Neke davne zvezde
13

Croate (variété de serbo-croate)[N 1]

1963

Drapeau de la République fédérative socialiste de Yougoslavie Yougoslavie
Vice Vukov

Brodovi
14

Portugais

1964

Drapeau du Portugal Portugal
António Calvário

Oração
15

Bosnien (variété de serbo-croate)[N 1]

Drapeau de la République fédérative socialiste de Yougoslavie Yougoslavie
Sabahudin Kurt

Život je sklopio krug
16

Slovène

1966

Drapeau de la République fédérative socialiste de Yougoslavie Yougoslavie
Berta Ambrož

Brez besed

mots de russe

1969

Drapeau de la République fédérative socialiste de Yougoslavie Yougoslavie
Ivan & 3M

Pozdrav svijetu
17
Viennois (dialecte allemand)

1971

Drapeau de l'Autriche Autriche
Marianne Mendt

Musik
18

Maltais

Drapeau de Malte Malte
Joe Grech

Marija l-Maltija
19

Irlandais

1972

Drapeau de l'Irlande Irlande
Sandie Jones

Ceol an Ghrá
20

Hébreu

1973

Drapeau d’Israël Israël
Ilanit

Ey Sham
(אי שם)
21

Grec

1974

Drapeau de la Grèce Grèce

Marinella

Krasí, thálassa ke t'agóri mou
(Κρασί, θάλασσα και τ' αγόρι μου)
22

Turc

1975

Drapeau de la Turquie Turquie

Semiha Yankı

Seninle bir dakika
23

Arabe

1980

Drapeau du Maroc Maroc

Samira Bensaid

Bitakat Hob
(بطاقة حب)
24

Monténégrin (variété de serbo-croate)[N 1]

1983

Drapeau de la République fédérative socialiste de Yougoslavie Yougoslavie
Danijel

Džuli
25

Islandais

1986

Drapeau de l'Islande Islande
ICY

Gleðibankinn
26

Romanche

1989

Drapeau de la Suisse Suisse
Furbaz

Viver senza tei
27

Napolitain

1991

Drapeau de l'Italie Italie

Peppino di Capri

Comme è ddoce 'o mare
28

Créole martiniquais

1992

Drapeau de la France France

Kali

Monté la riviè

phrases en corse

1993

Drapeau de la France France

Patrick Fiori

Mama Corsica
29

Estonien

1994

Drapeau de l'Estonie Estonie
Silvi Vrait

Nagu merelaine
30

Roumain

Drapeau de la Roumanie Roumanie
Dan Bittman

Dincolo de nori
31

Slovaque

Drapeau de la Slovaquie Slovaquie
Tublatanka

Nekonečná pieseň
32

Lituanien

Drapeau de la Lituanie Lituanie
Ovidijus Vyšniauskas

Lopšinė mylimai
33

Hongrois

Drapeau de la Hongrie Hongrie

Friderika Bayer

Kinek mondjam el vétkeimet?
34

Russe

Drapeau de la Russie Russie

Youddiph

Večnyj strannik
(Вечный странник)
35

Polonais

Drapeau de la Pologne Pologne

Edyta Górniak

To nie ja!

phrases en grec ancien

1995

Drapeau de la Grèce Grèce
Elina Konstantopoulou

Pia prosefhí
(Ποια προσευχή)
36

Vorarlbergeois (dialecte allemand)

1996

Drapeau de l'Autriche Autriche

George Nussbaumer

Weil's dr guat got
37

Breton

Drapeau de la France France

Dan Ar Braz et l'Héritage des Celtes

Diwanit bugale
38

Macédonien

1998

Drapeau de la Macédoine Macédoine

Vlado Janevski

Ne zori, zoro
(Не зори, зоро)
39

Samogitien (dialecte lituanien)

1999

Drapeau de la Lituanie Lituanie
Aistė

Strazdas
40
Styrien (dialecte allemand)

2003

Drapeau de l'Autriche Autriche

Alf Poier

Weil der Mensch zählt
41

Imaginaire

2003

Drapeau de la Belgique Belgique

Urban Trad

Sanomi
42

Letton

2004

Drapeau de la Lettonie Lettonie
Fomins et Kleins

Dziesma par laimi
43

Catalan

Drapeau d'Andorre Andorre

Marta Roure

Jugarem a estimar-nos
44

Ukrainien

Drapeau de l'Ukraine Ukraine

Ruslana

Wild Dances
45

Võro

Drapeau de l'Estonie Estonie
Neiokõsõ

Tii
46

Albanais

2006

Drapeau de l'Albanie Albanie

Luiz Ejlli

Zjarr e ftohtë

phrases en tahitien

2006

Drapeau de Monaco Monaco

Séverine Ferrer

La coco-dance
47

Bulgare

2007

Drapeau de la Bulgarie Bulgarie

Elitsa Todorova et Stoyan Yankulov

Water (Voda)
(Вода)
48

Tchèque

Drapeau de la République tchèque République tchèque

Kabát

Malá dáma
49

Arménien

Drapeau de l'Arménie Arménie

Hayko

Anytime You Need

mots de romani

2009

Drapeau de la République tchèque République tchèque

Gipsy.cz

Aven Romale
50

Swahili

2011

Drapeau de la Norvège Norvège

Stella Mwangi

Haba Haba
51

Corse

2011

Drapeau de la France France

Amaury Vassili

Sognu
52

Oudmourte

2012

Drapeau de la Russie Russie

Buranovskie Babuški

Party for Everybody
53
Mühlviertlerisch (dialecte allemand)

Drapeau de l'Autriche Autriche

Trackshittaz

Woki mit deim Popo

phrases en azéri

2012

Drapeau de la Bulgarie Bulgarie

Sofi Marinova

Love Unlimited
54

Géorgien

2012

Drapeau de la Géorgie Géorgie

Anri Jokhadze

I'm a Joker
55

Romani

2013

Drapeau de la Macédoine Macédoine

Esma et Lozano

Pred da se razdeni
(Пред да се раздени)

phrases en grec pontique

2016

Drapeau de la Grèce Grèce

Argo

Utopian land
56

Tatar de Crimée

2016

Drapeau de l'Ukraine Ukraine

Jamala

1944
57

Biélorusse

2017

Drapeau de la Biélorussie Biélorussie

Navi

Historyja majho žyccia
(Гісторыя майго жыцця)

phrases en torlakien (dialecte serbo-croate)

2018

Drapeau de la Serbie Serbie
Sanja Ilić & Balkanika

Nova deca


























































































Pays participants |


Article détaillé : Pays participant au Concours Eurovision de la chanson.


Carte des pays ayant déjà participé au Concours.




  •      Pays ayant participé au moins une fois


  •      Pays n'ayant jamais participé mais éligibles

  •      Pays ayant prévu une participation mais s'étant retirés

  •      Pays ayant participé comme partie d'un autre pays, mais jamais comme état souverain




Seuls les membres actifs de l'UER peuvent participer au Concours. Les membres actifs de l'UER sont soit les diffuseurs de pays situés dans la Zone européenne de radiodiffusion ; soit les diffuseurs de pays situés en dehors de cette zone mais membres du Conseil de l'Europe[65]. Tous doivent être membres de l'Union internationale des télécommunications. Cela inclut donc des pays situés en Europe, en Asie — tels Israël, le Liban ou la Jordanie — et en Afrique — comme le Maroc, l'Algérie ou encore la Tunisie[66].


Seuls 46 membres actifs de l'UER sont autorisés à prendre part au Concours. Une fois inscrits, ils sont connus sous le nom de « diffuseurs participants ». Seuls 26 d'entre eux peuvent participer à la finale. Six d'entre eux ont la garantie d'une place automatique en finale : le diffuseur hôte et les diffuseurs participants d'Allemagne, d'Espagne, de France, d'Italie et du Royaume-Uni. Les 40 autres diffuseurs participants sont inscrits dans une des deux demi-finales et concourent ainsi pour l'une des 20 places restantes en finale[58].


La seule exception à la règle des 26 pays participant en finale fut le Concours 2015, lors de la participation exceptionnelle de l'Australie : le nombre de finalistes est alors porté à 27[51].


Le tableau ci-dessous reprend, année par année, les pays participants ayant fait leurs débuts. Les noms des pays sont classés en fonction de leur ordre de passage lors de l'édition concernée. Au total, cinquante-deux pays ont déjà pris part au concours et parmi eux, vingt-six l'ont déjà remporté.


















































































































Tableau récapitulatif des premières participations par pays
Année
Débuts

1956

Drapeau : Pays-Bas Pays-Bas, Drapeau : Suisse Suisse, Drapeau : Belgique Belgique, Drapeau : Allemagne Allemagne, Drapeau : France France, Drapeau : Luxembourg Luxembourg, Drapeau : Italie Italie

1957

Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni, Drapeau : Autriche Autriche, Drapeau : Danemark Danemark

1958

Drapeau : Suède Suède

1959

Drapeau : Monaco Monaco

1960

Drapeau : Norvège Norvège

1961

Drapeau : Espagne Espagne, Drapeau : Finlande Finlande, Drapeau : République fédérative socialiste de Yougoslavie Yougoslavie

1964

Drapeau : Portugal Portugal

1965

Drapeau : Irlande Irlande

1971

Drapeau : Malte Malte

1973

Drapeau : Israël Israël

1974

Drapeau : Grèce Grèce

1975

Drapeau : Turquie Turquie

1980

Drapeau : Maroc Maroc

1981

Drapeau : Chypre Chypre

1986

Drapeau : Islande Islande

1993

Drapeau : Slovénie Slovénie, Drapeau : Bosnie-Herzégovine Bosnie-Herzégovine, Drapeau : Croatie Croatie

1994

Drapeau : Estonie Estonie, Drapeau : Roumanie Roumanie, Drapeau : Slovaquie Slovaquie, Drapeau : Lituanie Lituanie, Drapeau : Hongrie Hongrie, Drapeau : Russie Russie, Drapeau : Pologne Pologne

1998

Drapeau : Macédoine Macédoine

2000

Drapeau : Lettonie Lettonie

2003

Drapeau : Ukraine Ukraine

2004

Drapeau : Biélorussie Biélorussie, Drapeau : Andorre Andorre, Drapeau : Albanie Albanie, Drapeau : Serbie-et-Monténégro Serbie-et-Monténégro

2005

Drapeau : Moldavie Moldavie, Drapeau : Bulgarie Bulgarie

2006

Drapeau : Arménie Arménie

2007

Drapeau : Géorgie Géorgie, Drapeau : Monténégro Monténégro, Drapeau : Serbie Serbie, Drapeau : République tchèque République tchèque

2008

Drapeau : Saint-Marin Saint-Marin, Drapeau : Azerbaïdjan Azerbaïdjan

2015

Drapeau : Australie Australie


Vainqueurs |


Article détaillé : Vainqueurs du Concours Eurovision de la chanson.

Article détaillé : Artistes ayant participé au Concours Eurovision de la chanson.


Carte visualisant le nombre de victoires par pays.

Carte visualisant le nombre de victoires par pays.


En 2018, 27 pays et 65 interprètes ont déjà remporté le concours. Parmi ces 65 interprètes, on trouve 38 solistes féminines (soit 58 % du total), dix solistes masculins (soit 15 %), cinq duos (soit 8 %) et douze groupes (soit 19 %).

























































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































Tableau récapitulatif des vainqueurs par année[67]
Année
Pays vainqueur
Langue(s)
Chanson
Interprète(s)
Auteur(s)
Compositeur(s)
Chef d'orchestre
Points
Marge de points

1956

Drapeau : Suisse Suisse
Français
Refrain
Lys Assia Émile Gardaz Géo Voumard
Fernando Paggi
-

1957

Drapeau : Pays-Bas Pays-Bas
Néerlandais
Net als toen
Corry Brokken Willy Van Hemert Guus Jansen
Dolf van der Linden
31 14

1958

Drapeau : France France
Français
Dors, mon amour

André Claveau

Pierre Delanoë

Hubert Giraud

Franck Pourcel
27 03

1959

Drapeau : Pays-Bas Pays-Bas
Néerlandais
'n Beetje

Teddy Scholten
Willy Van Hemert
Dick Schallies

Dolf van der Linden
21 05

1960

Drapeau : France France
Français
Tom Pillibi

Jacqueline Boyer

Pierre Cour

André Popp

Franck Pourcel
32 07

1961

Drapeau : Luxembourg Luxembourg
Français
Nous les amoureux

Jean-Claude Pascal

Maurice Vidalin

Jacques Datin

Léo Chauliac
31 06

1962

Drapeau : France France
Français
Un premier amour

Isabelle Aubret
Roland Valande

Claude-Henri Vic

Franck Pourcel
26 13

1963

Drapeau : Danemark Danemark
Danois
Dansevise

Grethe et Jørgen Ingmann
Sejr Volmer Sørensen
Otto Francker
Kai Mortensen
42 02

1964

Drapeau : Italie Italie
Italien
Non ho l'età

Gigliola Cinquetti
Mario Panzeri
Nicola Salerno
Gianfranco Monaldi
49 32

1965

Drapeau : Luxembourg Luxembourg
Français
Poupée de cire, poupée de son

France Gall

Serge Gainsbourg

Alain Goraguer
32 06

1966

Drapeau : Autriche Autriche
Allemand
Merci, Chérie

Udo Jürgens

Udo Jürgens,
Thomas Hörbiger

Udo Jürgens
Hans Hammerschmid
31 15

1967

Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Anglais
Puppet on a String

Sandie Shaw
Bill Martin, Phil Coulter

Kenny Woodman
47 25

1968

Drapeau : Espagne Espagne
Espagnol
La, la, la

Massiel

Ramón Arcusa,
Manuel de la Calva
Rafaele Ibarbia
29 01

1969

Drapeau : Espagne Espagne
Espagnol
Vivo cantando

Salomé
Aniano Alcalde
Maria José de Cerato

Augusto Algueró
18 -

Drapeau : France France
Français
Un jour, un enfant

Frida Boccara

Eddy Marnay

Emil Stern

Franck Pourcel

Drapeau : Pays-Bas Pays-Bas
Néerlandais
De troubadour

Lenny Kuhr
David Hartsema
Frans de Kock

Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Anglais
Boom Bang-a-Bang

Lulu
Peter Warne
Alan Moorhouse

Johnny Harris

1970

Drapeau : Irlande Irlande
Anglais
All Kinds of Everything

Dana
Derry Lindsay, Jackie Smith

Dolf van der Linden
32 06

1971

Drapeau : Monaco Monaco
Français
Un banc, un arbre, une rue

Séverine

Yves Dessca

Jean-Pierre Bourtayre

Jean-Claude Petit
128 12

1972

Drapeau : Luxembourg Luxembourg
Français
Après toi

Vicky Leandros

Yves Dessca, Klaus Munro
Mario Panas, Klaus Munro
Klaus Munro
128 14

1973

Drapeau : Luxembourg Luxembourg
Français
Tu te reconnaîtras

Anne-Marie David

Vline Buggy

Claude Morgan

Pierre Cao
129 04

1974

Drapeau : Suède Suède
Anglais
Waterloo

ABBA

Stig Anderson

Benny Andersson,
Björn Ulvaeus
Sven-Olof Walldoff
24 06

1975

Drapeau : Pays-Bas Pays-Bas
Anglais
Ding-a-dong

Teach-In
Will Luikinga,
Eddy Ouwens
Dick Bakker
Harry van Hoof
152 14

1976

Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Anglais
Save Your Kisses for Me

Brotherhood of Man
Tony Hiller,
Lee Sheriden,
Martin Lee

Alyn Ainsworth
164 17

1977

Drapeau : France France
Français
L'Oiseau et l'Enfant

Marie Myriam

Joe Gracy

Jean-Paul Cara
Raymond Donnez
136 15

1978

Drapeau : Israël Israël
Hébreu
A-Ba-Ni-Bi
(א-בא-ני-בי)

Izhar Cohen et
The Alphabeta

Ehud Manor

Nurit Hirsh
157 32

1979

Drapeau : Israël Israël
Hébreu
Hallelujah

Gali Atari et
Milk and Honey
Shimrit Orr
Kobi Oshrat
125 09

1980

Drapeau : Irlande Irlande
Anglais
What's Another Year

Johnny Logan
Shay Healy
Noel Kelehan
143 15

1981

Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Anglais
Making Your Mind Up

Bucks Fizz
Andy Hill John Danter

John Coleman
136 04

1982

Drapeau : Allemagne Allemagne
Allemand
Ein bißchen Frieden

Nicole
Bernd Meinunger

Ralph Siegel
Norbert Daum
161 61

1983

Drapeau : Luxembourg Luxembourg
Français
Si la vie est cadeau

Corinne Hermès
Alain Garcia
Jean-Pierre Millers

Michel Bernholc
142 06

1984

Drapeau : Suède Suède
Suédois
Diggi-Loo Diggi-Ley

Herreys
Britt Lindeborg
Torgny Söderberg
Curt-Eric Holmquist
145 08

1985

Drapeau : Norvège Norvège
Norvégien
La det swinge

Bobbysocks

Rolf Løvland
Terje Fjærn
123 18

1986

Drapeau : Belgique Belgique
Français
J'aime la vie

Sandra Kim
Rosario Marino Atria
Jean-Paul Furnémont,
Angelo Crisci

Jo Carlier
176 36

1987

Drapeau : Irlande Irlande
Anglais
Hold Me Now

Johnny Logan
Noel Kelehan
172 31

1988

Drapeau : Suisse Suisse
Français
Ne partez pas sans moi

Céline Dion

Nella Martinetti

Atilla Şereftuğ
137 01

1989

Drapeau : République fédérative socialiste de Yougoslavie Yougoslavie
Serbo-croate
Rock Me

Riva
Stevo Cvikić
Rajko Dujmić
Nikica Kalogjera
137 07

1990

Drapeau : Italie Italie
Italien
Insieme: 1992

Toto Cutugno
Gianni Madonini
149 17

1991

Drapeau : Suède Suède
Suédois
Fångad av en stormvind

Carola
Stephan Berg
Anders Berglund
146 00

1992

Drapeau : Irlande Irlande
Anglais
Why Me?

Linda Martin

Johnny Logan
Noel Kelehan
155 16

1993

Drapeau : Irlande Irlande
Anglais
In Your Eyes

Niamh Kavanagh

Jimmy Walsh
Noel Kelehan
187 23

1994

Drapeau : Irlande Irlande
Anglais
Rock 'n' Roll Kids

Paul Harrington et
Charlie McGettigan
Brendan Graham
-
226 60

1995

Drapeau : Norvège Norvège
Norvégien
Nocturne

Secret Garden
Petter Skavlan

Rolf Løvland
Geir Langslet
148 29

1996

Drapeau : Irlande Irlande
Anglais
The Voice

Eimear Quinn
Brendan Graham
Noel Kelehan
162 48

1997

Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Anglais
Love Shine a Light

Katrina and the Waves
Kimberley Rew

Don Airey
227 70

1998

Drapeau : Israël Israël
Hébreu
Diva

Dana International
Yoav Ginay
Tzvika Pik
-
172 06

1999

Drapeau : Suède Suède
Anglais
Take Me to Your Heaven

Charlotte Nilsson
Gert Lengstrand,
Marcos Ubeda
Lars Diedricson
-
163 17

2000

Drapeau : Danemark Danemark
Anglais
Fly on the Wings of Love

Olsen Brothers
Jørgen Olsen
-
195 40

2001

Drapeau : Estonie Estonie
Anglais
Everybody

Tanel Padar,
Dave Benton et
2XL
Maian-Anna Kärmas
Ivar Must
-
198 21

2002

Drapeau : Lettonie Lettonie
Anglais
I Wanna

Marie N

Marie N,
Marats Samauskis

Marie N
-
176 12

2003

Drapeau : Turquie Turquie
Anglais
Everyway That I Can

Sertab Erener

Demir Demirkan

Demir Demirkan,
Sertab Erener
-
167 02

2004

Drapeau : Ukraine Ukraine

Anglais,
ukrainien

Wild Dances

Ruslana
Oleksandr Ksenofontov,
Ruslana

Ruslana
-
280 17

2005

Drapeau : Grèce Grèce
Anglais
My Number One

Élena Paparízou
Christos Dantis,
Natalia Germanou
Christos Dantis
-
230 38

2006

Drapeau : Finlande Finlande
Anglais
Hard Rock Hallelujah

Lordi

Mr. Lordi
-
292 44

2007

Drapeau : Serbie Serbie
Serbe
Molitva

Marija Šerifović
Saša Milošević Mare
Vladimir Graić
-
268 33

2008

Drapeau : Russie Russie
Anglais
Believe

Dima Bilan
Jim Beanz,
Dima Bilan
-
272 42

2009

Drapeau : Norvège Norvège
Anglais
Fairytale

Alexander Rybak
-
387 169

2010

Drapeau : Allemagne Allemagne
Anglais
Satellite

Lena Meyer-Landrut
Julie Frost,
John Gordon
Julie Frost
-
246 76

2011

Drapeau : Azerbaïdjan Azerbaïdjan
Anglais
Running Scared

Ell et Nikki

Stefan Örn,
Sandra Bjurman

Stefan Örn,
Sandra Bjurman,
Iain Farquharson
-
221 32

2012

Drapeau : Suède Suède
Anglais
Euphoria

Loreen

Thomas G:son,
Peter Boström
-
372 113

2013

Drapeau : Danemark Danemark
Anglais
Only Teardrops

Emmelie de Forest

Lise Cabble,
Julia Fabrin Jakobsen,
Thomas Stengaard
-
281 47

2014

Drapeau : Autriche Autriche
Anglais
Rise Like a Phoenix

Conchita Wurst
Charley Mason, Joey Patulka,
Ali Zuckowski, Julian Maas
-
290 52

2015

Drapeau : Suède Suède
Anglais
Heroes

Måns Zelmerlöw
Anton Malmberg Hård af Segerstad, Joy Deb et Linnea Deb
-
365 62

2016

Drapeau : Ukraine Ukraine

Anglais,
tatar de Crimée

1944

Jamala
-
534 23

2017

Drapeau : Portugal Portugal
Portugais Amar pelos dois
Salvador Sobral

Luísa Sobral
-
758 143

2018

Drapeau : Israël Israël
Anglais Toy
Netta

Doron Medalie,
Stav Beger
-
529 93





































































































































































































































































































































































































Villes hôtes |


Article détaillé : Villes hôtes du Concours Eurovision de la chanson.


Carte des villes hôtes du Concours.

Carte visualisant les villes hôtes.


En 2018, 27 pays, 42 villes et 52 salles ont déjà accueilli une édition du Concours. La tradition depuis 1958 veut que le pays vainqueur accueille le Concours de l'année suivante. Seules cinq éditions ont fait exception à cette tradition : les Concours 1960[68], 1963[69], 1972[70] et 1974[71] ont été accueillis par le Royaume-Uni après des victoires respectivement néerlandaise, française, monégasque et luxembourgeoise, pour des raisons à chaque fois financières, et le Concours 1980 a été accueilli par les Pays-Bas après une victoire israélienne, là aussi pour des motifs financiers[72].






















































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































Tableau récapitulatif des villes hôtes, par année
Année
Pays hôte
Ville hôte
Salle
Diffuseur hôte

1956

Drapeau de la Suisse Suisse

Lugano

Teatro Kursaal

RTSI

1957

Drapeau de l'Allemagne Allemagne

Francfort-sur-le-Main
Großer Sendesaal des Hessischer Rundfunk

Hessischer Rundfunk

1958

Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas

Hilversum
AVRO Studio

NTS

1959

Drapeau de la France France

Cannes

Palais des Festivals

RTF

1960

Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni

Londres

Royal Festival Hall

BBC

1961

Drapeau de la France France

Cannes

Palais des Festivals

RTF

1962

Drapeau du Luxembourg Luxembourg

Luxembourg

Villa Louvigny

CLT

1963

Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni

Londres
BBC Television Centre

BBC

1964

Drapeau du Danemark Danemark

Copenhague

Tivolis Koncertsal

DR

1965

Drapeau de l'Italie Italie

Naples
Sala di Concerto della RAI

RAI

1966

Drapeau du Luxembourg Luxembourg

Luxembourg

Villa Louvigny

CLT

1967

Drapeau de l'Autriche Autriche

Vienne

Großer Festsaal der Wiener Hofburg

ÖRF

1968

Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni

Londres

Royal Albert Hall

BBC

1969

Drapeau de l'Espagne Espagne

Madrid

Teatro Real

TVE

1970

Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas

Amsterdam

RAI Congrescentrum

NOS

1971

Drapeau de l'Irlande Irlande

Dublin

Gaiety Theatre

RTÉ

1972

Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni

Édimbourg
Usher Hall

BBC

1973

Drapeau du Luxembourg Luxembourg

Luxembourg

Grand Théâtre

CLT

1974

Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni

Brighton
The Dome

BBC

1975

Drapeau de la Suède Suède

Stockholm
St Eriksmässan Älvsjö

SR

1976

Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas

La Haye
Nederlands Congresgebouw

NOS

1977

Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni

Londres
Wembley Conference Centre

BBC

1978

Drapeau de la France France

Paris

Palais des Congrès

TF1

1979

Drapeau d’Israël Israël

Jérusalem
Binyanei Ha'Ooama

IBA

1980

Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas

La Haye
Nederlands Congresgebouw

NOS

1981

Drapeau de l'Irlande Irlande

Dublin
Simmonscourt Pavilion

RTÉ

1982

Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni

Harrogate
Conference Centre

BBC

1983

Drapeau de l'Allemagne Allemagne

Munich
Rudi-Sedlmayer-Halle

ARD

1984

Drapeau du Luxembourg Luxembourg

Luxembourg

Grand Théâtre

RTL

1985

Drapeau de la Suède Suède

Göteborg

Scandinavium

SVT

1986

Drapeau de la Norvège Norvège

Bergen
Grieghallen

NRK

1987

Drapeau de la Belgique Belgique

Bruxelles

Palais du Centenaire

RTBF

1988

Drapeau de l'Irlande Irlande

Dublin
Simmonscourt Pavilion

RTÉ

1989

Drapeau de la Suisse Suisse

Lausanne

Palais de Beaulieu

SSR

1990

Drapeau de la République fédérative socialiste de Yougoslavie Yougoslavie

Zagreb

Koncertna dvorana Vatroslav Lisinski

JRT

1991

Drapeau de l'Italie Italie

Rome

Studio 15 di Cinecittà

RAI

1992

Drapeau de la Suède Suède

Malmö
Malmömässan

SVT

1993

Drapeau de l'Irlande Irlande

Millstreet
Green Glens Arena

RTÉ

1994

Dublin

Point Theatre

1995

1996

Drapeau de la Norvège Norvège

Oslo

Oslo Spektrum

NRK

1997

Drapeau de l'Irlande Irlande

Dublin

Point Theatre

RTÉ

1998

Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni

Birmingham

National Indoor Arena

BBC

1999

Drapeau d’Israël Israël

Jérusalem
International Convention Centre

IBA

2000

Drapeau de la Suède Suède

Stockholm

Globen

SVT

2001

Drapeau du Danemark Danemark

Copenhague

Parken Stadium

DR

2002

Drapeau de l'Estonie Estonie

Tallinn

Saku Suurhall

ETV

2003

Drapeau de la Lettonie Lettonie

Riga

Skonto Hall

LTV

2004

Drapeau de la Turquie Turquie

Istanbul

Abdi İpekçi Arena

TRT

2005

Drapeau de l'Ukraine Ukraine

Kiev

Palais des Sports

NTU

2006

Drapeau de la Grèce Grèce

Athènes

Olympic Indoor Hall

ERT

2007

Drapeau de la Finlande Finlande

Helsinki

Hartwall Arena

YLE

2008

Drapeau de la Serbie Serbie

Belgrade

Belgrade Arena

RTS

2009

Drapeau de la Russie Russie

Moscou

Olimpiisky Indoor Arena

Pierviy Kanal

2010

Drapeau de la Norvège Norvège

Bærum

Telenor Arena

NRK

2011

Drapeau de l'Allemagne Allemagne

Düsseldorf

Esprit arena

NDR

2012

Drapeau de l'Azerbaïdjan Azerbaïdjan

Bakou

Baku Crystal Hall

İTV

2013

Drapeau de la Suède Suède

Malmö

Malmö Arena

SVT

2014

Drapeau du Danemark Danemark

Copenhague

B&W Hallerne

DR

2015

Drapeau de l'Autriche Autriche

Vienne

Wiener Stadthalle

ÖRF

2016

Drapeau de la Suède Suède

Stockholm

Ericsson Globe

SVT

2017

Drapeau de l'Ukraine Ukraine

Kiev

Centre d'exposition international

UA:PBC

2018

Drapeau du Portugal Portugal

Lisbonne

Altice Arena

RTP

2019

Drapeau d’Israël Israël

Tel-Aviv

Convention Center

KAN


Présentateurs et superviseurs |


Article détaillé : Présentateurs du Concours Eurovision de la chanson.

En 2018, 99 personnes ont déjà présenté une édition du Concours. De celles-ci, 33 sont des hommes et 66 des femmes. Depuis 1964, l'UER désigne pour chaque édition un superviseur exécutif. Celui-ci est chargé de la représenter sur place et s'assure que tous les aspects de la production soient conformes au règlement[73]. En 50 ans, 9 personnes se sont succédé à ce poste : 6 hommes et 3 femmes. Le tableau ci-dessous reprend toutes ces données.




















































































































































































































































































































































































































Records |



Photo de Salvador Sobral, premier gagnant portugais.


Salvador Sobral, premier gagnant du Concours pour le Portugal.


L'Allemagne détient le record du plus grand nombre de participations au Concours pour un pays membre de l'UER : soixante-deux en 2018. Depuis 1956, le pays n'a en effet manqué qu'une seule édition du Concours, en 1996[74]. Viennent ensuite la France et le Royaume-Uni avec chacun soixante et une participations en 2018. Ces pays n'ont manqué que deux éditions du Concours : en 1974 et 1982 pour la France[75] ; en 1956 et 1958 pour le Royaume-Uni[76]. Par ailleurs, le Royaume-Uni détient le record du plus grand nombre de participations consécutives : soixante en 2018. En effet, depuis 1958, le pays n'a manqué aucune édition du Concours[76]. Le Royaume-Uni détient de plus deux autres records. Premièrement, celui du pays participant ayant le plus souvent terminé à la deuxième place : à quinze reprises, en 1959, 1960, 1961, 1964, 1965, 1968, 1970, 1972, 1975, 1977, 1988, 1989, 1992, 1993 et 1998[76]. Deuxièmement, celui du pays participant ayant le plus souvent organisé le Concours : à huit reprises, en 1960, 1963, 1968, 1972, 1974, 1977, 1982 et 1998[76].


L'Irlande demeure le pays participant à avoir remporté le plus grand nombre de victoires au Concours : à sept reprises, en 1970, 1980, 1987, 1992, 1993, 1994 et 1996[77]. Viennent ensuite la Suède, qui l'a remporté à six reprises, puis la France, le Luxembourg et le Royaume-Uni, qui l'ont remporté chacun à cinq reprises. L'Irlande est également le seul pays participant à avoir remporté la victoire à trois reprises consécutives : en 1992, 1993 et 1994[77]. Seuls trois autres pays ont remporté la victoire à deux reprises consécutives : l'Espagne (en 1968 et 1969), le Luxembourg (en 1972 et 1973) et Israël (en 1978 et 1979). A contrario, la Norvège détient toujours le record de dernière place et de nul point. Le pays a terminé onze fois à la dernière place, en finale : en 1963, 1969, 1974, 1976, 1978, 1981, 1990, 1997, 2001, 2004 et 2012. Quatre de ces dernières places se sont soldées par un « nul point » : en 1963, 1978, 1981 et 1997[78]. Vient ensuite la Finlande qui a terminé dix fois à la dernière place (neuf fois en finale, en 1963, 1965, 1968, 1980, 1982, 1990, 1992, 1996 et 2009 ; une fois en demi-finale, en 2015), trois de ces dernières places s'étant soldées par un « nul point » (en 1963, 1965 et 1982)[79].


Le record du plus long intervalle de temps écoulé entre une première participation et une première victoire est détenu par le Portugal qui a attendu cinquante-trois ans pour remporter le Concours. Le pays a participé pour la première fois en 1964 et a gagné pour la première fois en 2017, à sa quarante-neuvième participation[80]. Viennent ensuite la Finlande qui a dû attendre quarante-cinq ans (ayant participé pour la première fois en 1961 et ayant gagné pour la première fois en 2006, à sa quarantième participation[81]), la Grèce qui a attendu trente-et-un an avant sa victoire en 2005[81] puis la Belgique qui doit attendre trente ans entre ses débuts en 1956 et sa première victoire en 1986[81]. En 2018, Malte est le plus ancien pays participant à n'avoir encore jamais décroché la victoire. Le pays participe depuis 1971 et son meilleur résultat demeure une deuxième place, en 2002 et en 2005. Viennent ensuite Chypre (qui participe depuis 1981) et l'Islande (depuis 1986)[82]. Le record du plus long intervalle de temps écoulé entre deux victoires est détenu par l'Autriche. Le pays a attendu quarante-huit ans, entre sa première victoire en 1966 et sa seconde, en 2014[81]. Vient ensuite le Danemark qui a attendu trente-sept ans, entre ses deux premières victoires de 1963 et 2000[81].



Photo de Johnny Logan lors de sa victoire de 1980.


Johnny Logan lors de sa victoire de 1980.


Le record du plus grand nombre de points reçus par une chanson gagnante est détenu par le Portugal qui obtint 758 points en 2017. Viennent ensuite l'Ukraine, qui obtint 534 points en 2016 ; Israël, qui obtint 529 points en 2018 ; la Norvège, avec 387 points en 2009 et la Suède, avec 372 points, en 2012[N 5]. Le record du plus grand nombre de « douze points » obtenu par une chanson gagnante est lui aussi détenu par le Portugal, qui en reçut 30 en 2017 (18 des jurys et 12 du public). Viennent ensuite la Suède, qui en obtint 18 en 2012 ; l'Ukraine, qui en obtient 17 en 2016 et la Norvège, qui en obtient 16 en 2009[N 5].


Le pays ayant accueilli le plus souvent le Concours demeure toujours le Royaume-Uni. La télévision publique britannique organise en effet le Concours à huit reprises : en 1960, 1963, 1968, 1972, 1974, 1977, 1982 et 1998[76]. Vient ensuite l'Irlande qui l'a accueilli à sept reprises[83]. En revanche, la ville ayant accueilli le plus souvent le Concours demeure toujours Dublin, en Irlande. La télévision publique irlandaise y organise le concours à six reprises : en 1971, 1981, 1988, 1994, 1995 et 1997[83]. Viennent ensuite Londres, au Royaume-Uni[76], et Luxembourg, au Grand-Duché de Luxembourg[84], qui ont chacune accueilli le Concours à quatre reprises.


La plus jeune gagnante du Concours demeure la belge Sandra Kim. Avant le Concours et durant les répétitions, la délégation belge et le manager de Kim déclarent que la jeune fille est âgée de quinze ans. Or Kim a en réalité treize ans. Tous pensent que son très jeune âge pourra être un obstacle à sa réussite au Concours[85]. La vérité est révélée après la victoire de Kim et entraîne une demande officielle de disqualification auprès de l'UER, de la part de la télévision publique suisse. Cette plainte n'aboutit jamais, le règlement du Concours ne prévoyant alors aucune limite d'âge des participants[86]. Ce n'est qu'à partir de 1990 qu'il est imposé aux candidats d'avoir au minimum seize ans, le jour de leur participation[87]. Cette limite d'âge implique que Sandra Kim restera à jamais la plus jeune gagnante du Concours.


L'irlandais Johnny Logan demeure le seul interprète à avoir remporté le concours à deux reprises, en 1980 et 1987. Il demeure également le seul artiste à avoir trois victoires à son actif : en tant qu'interprète en 1980 ; en tant qu'auteur et interprète en 1987 ; en tant qu'auteur en 1992. Cette particularité lui vaut le surnom de « Mr Eurovision »[88].



Controverses |


La première controverse majeure de l'histoire du Concours a lieu en 1963[89]. Le porte-parole du jury norvégien, Roald Øyen, ne respecte pas le règlement de la procédure de vote. Repris par la présentatrice, Katie Boyle, qui le prie de répéter les résultats dans l'ordre correct, Roald Øyen demande d'être rappelé à la fin du vote, après que tous les autres pays ont été contactés. Mais, lorsque Katie Boyle recontacte le jury norvégien, Roald Øyen lit des résultats différents de ceux énoncés précédemment. Il s'avère par la suite que les résultats du jury norvégien ne sont pas prêts lorsqu'il est appelé pour la première fois par Katie Boyle. Son président est encore occupé à additionner les votes des jurés. Pris de court, Roald Øyen a lu des résultats provisoires[69]. Depuis lors, le Concours a été l'occasion de nombreuses controverses.



Controverses portant sur les musiques |


En 1995, une légère controverse est soulevée après le Concours. Certaines critiques soulignent que l'Eurovision était avant tout un concours de chanson. Or Nocturne tient plus du morceau instrumental que de la composition chantée. Ils demandent à l'UER d'adapter son règlement, afin de clarifier la situation pour l'avenir[90].


En 1999, le recours à un orchestre devient facultatif. Mais l'utilisation d'une bande-son ne modifie aucunement une règle essentielle du Concours : toutes les parties chantées devront continuer à être interprétées en direct. Or, la chanson croate, Maria Magdalena, interprétée par Doris Dragović, comportait des chœurs masculins préenregistrés sur sa bande-son[37]. La Croatie est sanctionnée après le Concours, sur plainte de la délégation norvégienne : son score est réduit d'un tiers, ce qui diminue son score moyen entrant en compte pour la relégation. Son classement à la quatrième place est cependant maintenu[38].


En 2000, durant leur prestation, les représentants danois et futurs vainqueurs, les Olsen Brothers, ont recours à un vocodeur, qui modifie électroniquement la voix de Jørgen Olsen. La délégation russe introduit une plainte pour infraction au règlement devant l'UER et demande la disqualification du Danemark[91]. Cette plainte est cependant classée sans suite[91].



Controverses politiques |


En 1964, le Concours est organisé à Copenhague par la télévision publique danoise. Il y a de vives protestations dans l'opinion publique danoise, concernant la participation au concours de l'Espagne et du Portugal, qui sont encore à l'époque des dictatures militaires[16]. Cela conduit au premier incident politique de l'histoire du Concours. Après le passage de la représentante suisse, un homme surgit sur scène, brandissant une bannière sur laquelle était peinte : « Boycott Franco et Salazar ». Tandis qu'il est évacué par la sécurité, la caméra fait un plan fixe sur le tableau de vote[73]. En 1969, l'Autriche décide d'ailleurs de s'abstenir, refusant de participer à un Concours organisé par une dictature, l'Espagne étant alors dirigée par le général Franco[92].


Les années 1974 à 1978 sont marquées par les participations croisées de la Grèce et de la Turquie, alors en plein conflit sur la question chypriote. La Grèce fait ses débuts en 1974 ; la Turquie, en 1975. Cette année-là, la Grèce se retire par mesure de protestation envers la participation turque et surtout, envers l'invasion de l'île de Chypre par l'armée turque[93]. L'année suivante, en 1976, la Turquie se retire par mesure de protestation envers le retour de la Grèce[94], puis s'abstient à nouveau de concourir en 1977. Il faut attendre 1978 pour que les deux pays participent à une même édition du Concours[95].


En 1978, le déroulement et le résultat du Concours posent problème à de nombreux télédiffuseurs d'Afrique du Nord et du Proche-Orient. Tous passent des spots publicitaires durant la prestation d'Israël. Puis, lorsque la victoire israélienne devient évidente, tous mettent fin prématurément à la retransmission. La Jordanie se fait particulièrement remarquer. La télévision jordanienne interrompt le déroulement du vote, pour faire un gros plan sur un bouquet de jonquilles. Le lendemain, les journaux jordaniens proclament la victoire de la Belgique, qui a en réalité terminé deuxième[96]. En 1979, la Turquie a sélectionné pour la représenter, la chanson Seviyorum, interprétée par Maria Rita Epik et le groupe 21.Peron. Dans le cadre de la crise pétrolière et des tensions internationales, le pays subit les pressions des pays voisins d'Israël et finit par se retirer[97].


En 2000, la prestation des représentants israéliens, le groupe Ping Pong, suscite une vive controverse dans leur pays. Arrivés au refrain, les deux membres masculins du groupe s'embrassent sur la bouche[98]. Puis, au dernier couplet, ils brandissent des drapeaux syriens[98]. Le groupe a en fait souhaité promouvoir la paix entre Israël et la Syrie[91].


En 2005, le Liban a décidé de faire ses débuts au Concours. La chanson qui a été retenue par la télévision publique libanaise est Quand tout s'enfuit, interprétée par Aline Lahoud. Mais le pays se retire ultérieurement, un accord n'ayant pu être trouvé avec l'UER sur les modalités de retransmission du concours. Le Liban juge qu'il ne peut se conformer au règlement du Concours. Les télévisions participantes ont en effet l'obligation de diffuser l'intégralité de l'émission (à l'exception des pauses commerciales). Or, la constitution du pays interdit la promotion de produits venant d'Israël. Cela empêche la télévision publique libanaise de diffuser la chanson israélienne et lui fait donc violer le règlement du Concours[99].


En 2009, à la suite du conflit armé d'août 2008 qui l'oppose à la Russie, pays hôte de cette édition du Concours, la Géorgie décide de se retirer. Le pays revient cependant sur sa décision en décembre 2008, s'inscrit auprès de l'UER et est versé dans la première demi-finale. Au terme d'une sélection nationale ouverte, la chanson retenue fut We Don't Wanna Put In (Nous ne voulons pas le prendre en compte), interprétée par le groupe Stefane et 3G. Elle suscite immédiatement la controverse et un vaste mouvement de protestation en Russie. Son titre est en effet à double entente : il peut aussi se comprendre comme We Don't Wanna Putin (Nous ne voulons pas de Poutine) et donc comme une attaque personnelle à l'encontre du président russe. Après qu'elle lui a été soumise, le Groupe de Référence de l'UER refuse le morceau. Le Groupe base sa décision sur le paragraphe 9 de l'article 4 du règlement du Concours, qui stipule qu'aucune allusion politique ne peut être faite dans les paroles d'une chanson. Le Groupe donne le choix à la Géorgie : ou bien modifier le titre et le passage concerné, ou bien choisir une autre chanson[100]. La télévision publique géorgienne refuse toute modification et décide de se retirer du Concours, invoquant une mesure censoriale et une atteinte à la liberté d'expression. Par la suite, le groupe Stefane et 3G admet que la chanson comportait bien un message politique et que leur objectif a été de ridiculiser Vladimir Poutine[101].


Toujours en 2009, les relations entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan sont particulièrement tendues. Ainsi, après la première demi-finale, la délégation azerbaïdjanaise se plaint officiellement auprès des organisateurs russes et de l'UER. La carte postale introduisant l'Arménie montre en effet un monument nommé Nous sommes nos montagnes, représentant les têtes géantes stylisées d'un couple de paysans. Or ce monument est situé au Haut-Karabagh, région sécessionniste d'Azerbaïdjan, peuplée majoritairement d'Arméniens et constituée en république de facto, non reconnue par la communauté internationale. Lors de la finale, la carte postale de l'Arménie est éditée et l'image controversée, supprimée. Mais la télévision publique arménienne décide de répliquer durant le vote. L'image du monument est incrustée à l'écran, derrière la porte-parole arménienne, et collée sur le support lui permettant de lire les résultats[102]. Après la finale, l'Arménie accuse publiquement l'Azerbaïdjan d'avoir empêché les téléspectateurs azerbaïdjanais de voter pour la chanson arménienne, en masquant les numéros téléphoniques nécessaires, et d'avoir ainsi manipulé les résultats en sa défaveur[103]. En outre, elle révèle que plusieurs citoyens azerbaïdjanais ont été arrêtés et interrogés par la Sûreté Nationale, qui les soupçonnent d'avoir malgré tout voté pour Inga et Anush[104]. Les autorités azerbaïdjanaises démentent vivement ces accusations, mais l'UER décide de lancer une enquête[105]. Il est finalement prouvé que la télévision publique azerbaïdjanaise a manipulé le vote. L'UER lui inflige une amende de 2 700 [106], ainsi qu'une menace de sanction : en cas de récidive prouvée, le pays sera exclu de l'Eurovision pour trois ans. À la suite de cette controverse, l'UER modifie le règlement du Concours, y incluant une interdiction formelle de violer la vie privée des téléspectateurs et une obligation de leur laisser leur entière liberté de vote. En outre, les télédiffuseurs seront désormais tenus responsables de toutes les actions en rapport avec le Concours, entreprises par leur gouvernement. Si ce dernier enfreint le règlement, les télédiffuseurs se verront infliger amendes et autres exclusions[107]. Les relations entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan ont été la cause, en 2012, du retrait de l'Arménie du Concours, qui a lieu à Bakou, en Azerbaïdjan[108]. La télévision publique arménienne craint que la sécurité de sa délégation ne puisse pas être assurée par les autorités azerbaïdjanaises. Les tensions entre les deux pays demeurent toujours fort vives, en raison de leur conflit à propos du Haut-Karabagh. Ce retrait tardif se voit sanctionné d'une amende par l'UER[109].


En 2014, les tensions géopolitiques entre la Russie et l'Ukraine ont des conséquences sur le déroulement du Concours. Après avoir été huées lors de leur qualification à l'issue de la première demi-finale, les candidates russes, les jumelles Tolmatchevy, se font à nouveau huer et siffler durant leur prestation en finale, puis à chaque attribution de points à la Russie, lors du vote[110]. Ces tensions se poursuivent, année après année, entraînant le retrait de l'Ukraine en 2015. Ce contexte politique entraîne, 2017 — année où le Concours se déroule en Ukraine à Kiev —, l'interdiction pour la candidate russe Yulia Samoilova d'entrer sur le territoire ukrainien, ayant donné un concert en Crimée, où elle est entrée sans passer par le territoire ukrainien, comme le requiert la loi ukrainienne. Le choix de Yulia Samoilova est vu par les autorités ukrainiennes comme un choix délibérément politique voulant instiguer une polémique et comme une provocation, ce que les Russes nient en bloc[111]. Faute d'un accord entre l'UER et le diffuseur hôte, UA:PBC pour permettre à la participante russe d'entrer en Ukraine, la Russie se retire le 13 avril 2017 soit un mois avant la finale[112].


En 2016, la victoire de la représentante ukrainienne Jamala suscite une importante controverse sur Internet pour sa chanson 1944, évoquant la déportation des tatars de Crimée par les autorités soviétiques durant la Seconde Guerre mondiale. Certains qualifient cette victoire de trop « politique », accusant même la chanteuse de diffuser de la « propagande anti-russe ». Il y a notamment des appels au boycott de l'édition 2017 du Concours, et une pétition a été créée dans le but de recommencer le décompte des points[113].



Controverses portant sur les votes |


En 1966, pour la toute première fois, le public hue des porte-paroles : celui de la Norvège (qui attribue un vote à la Finlande, trois au Danemark et cinq à la Suède) et celui de la Finlande (qui attribue un vote à la Yougoslavie, trois au Danemark et cinq à la Suède). Il semble que le vote « en bloc » des pays scandinaves ait particulièrement déplu. La représentante suédoise, Lill Lindfors, demeure persuadée qu'elle doit sa deuxième place à une conspiration entre les jurys danois, finlandais, norvégien et suédois, afin de mettre fin à la suprématie des pays francophones[33].


En 2007, les résultats de la demi-finale et de la finale sont vivement critiqués par certains médias des pays d'Europe de l'Ouest. Ils dénoncent tout d'abord la qualification, à l'issue de la demi-finale, de dix pays d'Europe de l'Est et l'élimination de tous les pays d'Europe de l'Ouest[114]. Ensuite, ils remettent en cause le système de vote employé, les votes géographiques et partisans, ainsi que l'injustice des résultats de la finale. La polémique enfle au point d'être évoquée au Parlement britannique[114]. D'autres médias d'Europe de l'Ouest dénoncent ce procès d'intention et estiment ces réactions insensées et chauvines. Selon eux, la victoire de la Serbie est amplement méritée et les dix pays qualifiés ont simplement présenté de meilleures chansons[114]. De son côté, l'UER réfute toute partialité dans le vote, qui ne reflète que la qualité des chansons. L'Union fait ensuite publier une étude statistique : les résultats de la finale auraient été sensiblement identiques si seuls les pays d'Europe de l'Ouest avaient voté. Et le vainqueur aurait été le même[114].


En 2008, comme l'année précédente, les résultats du Concours suscitèrent la controverse dans les médias des pays d'Europe de l'Ouest. Et comme l'année précédente, l'UER commanda à la compagnie Digame, une étude statistique des votes. Il apparaît qu'aucune fraude, ni aucune manipulation n'a eu lieu. La victoire de la Russie demeure incontestable. Le pays a certes bénéficié de votes géographiques, mais aurait tout de même remporté le Concours, si seuls les pays d'Europe de l'Ouest avaient voté. La conclusion de l'étude souligne le facteur déterminant de la victoire russe : le pays a reçu des points de 38 pays sur les 42 votants[115].



Autres faits notables |


En 1974, la chanson portugaise E depois do adeus passe à l'histoire comme la seule chanson du Concours à avoir lancé une révolution. Elle est en effet employée comme signal de départ du coup militaire qui renverse la dictature portugaise alors en place, lors de la Révolution des Œillets[116]. L'année suivante, en 1975, la chanson portugaise Madrugada rend hommage à cette révolution. Les responsables du Concours ont le plus grand mal à décourager le représentant portugais, Duarte Mendes, à monter sur scène avec son uniforme et son fusil[117].


En 1974, la chanson italienne suscite la controverse dans son propre pays. L'Italie est alors en pleine campagne électorale, dans le cadre d'un référendum fixé au mois de mai 1974. Les Italiens doivent se prononcer pour ou contre l'abrogation de la loi permettant le divorce. Les censeurs de la télévision publique italienne estiment que (Oui) pourrait être accusée d'envoyer des messages subliminaux, voire d'être une propagande pour influencer les électeurs. La chanson n'est diffusée par la RAI qu'après le référendum. Celui-ci se conclut par la victoire du non et le maintien de la loi sur le divorce[116].


En 1988, la représentante israélienne, Yardena Arazi, ne décide de représenter son pays qu'à condition d'être certaine de remporter la victoire. Après que le tirage au sort des ordres de passage a lieu et qu'Israël a reçu la neuvième place, Arazi va consulter une voyante. Celle-ci lui assura que la chanson qui passera en neuvième position remportera à coup sûr le Concours. Arazi accepte l'offre de la télévision publique israélienne et se choisit la chanson Ben Adam. Mais quelques semaines avant la finale, la chanson chypriote est disqualifiée et Chypre, qui a tiré la deuxième place, doit se retirer. Par conséquent, les ordres de passage sont tous avancés. Israël obtient alors la huitième place. Yardena Arazi termine finalement, septième. Quant à la fameuse neuvième place, elle échoit à la Suisse et à Céline Dion, qui remportent la victoire, ainsi que l'avait prédit la voyante[118].


En 2003, la Russie se fait représenter par le groupe t.A.T.u., qui a déjà remporté un grand succès commercial l'année précédente, avec All The Things She Said. Il s'agit d'un duo composé des chanteuses Lena Katina et Julia Volkova, supposées entretenir une relation homosexuelle[42]. Tout cela n'est en fait qu'une ruse commerciale, inventée par leur manager Ivan Shapovalov[119]. Durant la semaine des répétitions, Katina et Volkova se signalent par leur comportement capricieux, notamment en arrivant en retard à certaines répétitions, en en manquant d'autres et en boycottant les conférences de presse[42]. Leur manager annonce en outre qu'elles s'embrasseront sur la bouche durant leur prestation. Elles devront cependant y renoncer, après que l'UER les aient menacées de disqualification[120].


En 2006, la participante islandaise, Silvia Night, suscite la controverse, durant toute la semaine des répétitions. Il s'agit en réalité d'un personnage de diva extravagante créé et interprété par l'actrice Ágústa Eva Erlendsdóttir. Silvia Night passe ainsi son temps à se moquer ouvertement des autres concurrents, à traiter les journalistes avec le plus grand mépris et à émettre des commentaires déplaisants sur la Grèce et ses habitants. Elle va jusqu'à accuser la participante suédoise, Carola, de vouloir l'empoisonner. Ce happening permanent est cependant pris au premier degré par les médias et les organisateurs. La chanteuse est conspuée à de nombreuses reprises durant les répétitions, puis accueillie sur scène par des sifflets et des huées d'une ampleur inédite[121].


En 2006, le Concours est remporté par la Finlande, avec la chanson Hard Rock Hallelujah interprétée par le groupe Lordi. Lordi est un groupe de hard rock, dont les membres portaient des déguisements élaborés et des masques de monstres et de démons. Ils ont pour règle de ne jamais se montrer à visage découvert en public. Lordi devient ainsi le premier groupe de hard rock et les premiers concurrents à se présenter entièrement masqués sur la scène du Concours[122]. Bien que la sélection nationale ait été décidée par télévote, la victoire de Lordi est mal accueillie par l'opinion publique finlandaise. Le groupe est accusé de promouvoir le satanisme et d'offrir une image négative du pays à l'étranger. Malgré les démentis formels de ses membres, la controverse ne s'éteint pas et la délégation finlandaise reçoit un accueil glacial des organisateurs grecs[123]. Leur prestation marque pourtant l'histoire du concours. La complexité des moyens requis (notamment pyrotechniques), des angles de vue nécessaires et des enchaînements de caméra nécessite une gestion entièrement informatisée. C'est ainsi la toute première fois qu'une prestation est gérée de bout en bout par un ordinateur[124]. Enfin, le groupe reçoit un accueil mitigé de la part des commentateurs. La plupart se montrent sceptiques et traitent le groupe à la manière d'une vaste plaisanterie. Le commentateur belge, Jean-Pierre Hautier, va jusqu'à dire : « Si ce groupe gagne, je veux bien me transformer en chauve-souris ! »[125]. Quant aux commentateurs français, Michel Drucker et Claudy Siar, ils ont des mots tellement durs et font des remarques tellement désobligeantes, qu'ils choquent les téléspectateurs français et les délégations étrangères sur place. Tous deux ont dû présenter des excuses publiques, après la finale[126].


En 2010, la prestation du représentant espagnol, Daniel Diges, est perturbée par un incident rarissime. En plein milieu de sa chanson, un individu monte sur scène et se glisse parmi ses danseurs. Il s'agit de Jimmy Jump, un streaker qui s'est fait connaître par de nombreuses actions similaires[127]. Daniel Diges et ses danseurs continuent imperturbablement leur numéro, tandis que la sécurité appréhende Jimmy Jump. Le scrutateur permet aux membres de la délégation espagnole de présenter leur morceau une seconde fois, après le passage de tous les autres pays participants[128].


En 2018, la chanteuse britannique SuRie est interrompue durant sa prestation par un homme qui est monté sur scène et qui lui a pris son micro. Il voulait protester contre la présence du Royaume-Uni malgré le Brexit, déclarant dans le micro de la chanteuse : « Modern Nazis of The UK media, we demand freedom! War is not peace! » (en français : « Les médias modernes nazis du Royaume-Uni, nous demandons la liberté ! La guerre n'est pas la paix ! »)[129],[130]. La chanteuse parvient à récupérer quelques secondes plus tard son micro, tombé au sol lors de l'interpellation de l'individu. Le télé-diffuseur britannique BBC souhaite initialement un nouveau passage, ce qui lui est accordé mais après un temps de réflexion, l'interprète SuRie satisfaite de sa prestation ne souhaite pas remonter sur scène[131].



Analyse |



Répartition géographique des blocs de pays au Concours Eurovision de la chanson.

Répartition géographique des blocs de pays au Concours Eurovision de la chanson.


Dès ses débuts, le Concours a transcendé sa nature de simple compétition musicale, en revêtant des enjeux symboliques qui dépassent le spectre culturel. La qualité intrinsèque des chansons s'est vue imbriquée à des considérations extérieures, d'ordre géopolitique[132]. Le Concours repose en effet sur un format stato-centré. Il en devient une compétition de nations où l'aspect politique éclipse parfois l'aspect musical. Et de tous les moments, c'est le vote qui cristallise le plus ce phénomène. Le public et les commentateurs l'envisagent toujours comme le moment le plus important et tiennent pour acquis, des échanges de votes entre pays vus comme amis et une ignorance réciproque de pays vus comme ennemis[59].


La question du biais des votes du public a fait l'objet de nombreuses études. Toutes ont prouvé l'existence de blocs de pays, au sein desquels les votes sont échangés de manière réciproque et répétée[133]. Trois blocs principaux ont jusqu'à présent été mis en évidence :



  • celui des pays nordiques (Danemark, Finlande, Islande, Norvège, Suède) ;

  • celui des anciennes républiques yougoslaves (Bosnie-Herzégovine, Croatie, Macédoine, Monténégro, Serbie, Slovénie) ;

  • celui des anciennes républiques soviétiques (Biélorussie, Russie, Ukraine et dans une moindre mesure Géorgie, Azerbaïdjan et Arménie).


À cela, il convient d'ajouter certains couples de pays, fonctionnant à la manière d'un bloc. Le plus marquant sur le plan statistique demeure celui formé par Chypre et la Grèce[134].


En conclusion, le Concours et sa procédure de vote présentent une double dimension. Premièrement, celle d'opinions publiques nationales, se rencontrant, se confrontant et s'exprimant librement sur un sujet musical. Dans cette perspective, la chanson gagnante demeure malgré tout le point de convergence du plus grand nombre[135]. Deuxièmement, celle d'un réseau de pays aux interactions complexes, tributaire du poids de l'histoire et de la géographie. Dans cette perspective, le classement final demeure biaisé par des opinions sociologiques divergentes[136]. Ces deux dimensions sont inextricablement liées et sujettes à polémique, mais font du Concours un objet unique sur la scène internationale[137].



Phénomène de société |



Photo de Conchita Wurst, lauréate du Concours 2014.


Conchita Wurst, lauréate du Concours 2014.


L'Eurovision est un grand événement musical qui, au fil des années, a acquis une véritable réputation qui peut varier énormément de pays en pays. Dans plusieurs pays d'Europe de l'Ouest, et très particulièrement en France, le Concours est en grande partie qualifié d'événement « kitsch »[138] voire « ringard »[139],[140] ou encore de « beauf »[141]. En France notamment, le Concours est très souvent perçu comme un Concours auquel le pays ne devrait pas participer[139] et ne fait qu'enchaîner les résultats catastrophiques[142]. Les commentateurs français s'en sont d'ailleurs pris aux participants à plusieurs reprises — par exemple en 2001, la participante espagnole s'est vue traiter d'« hippopotame » et de « vache » par Dave et Marc-Olivier Fogiel ou encore en 2006 quand Michel Drucker dit du groupe Lordi qu'« ils seront certainement au zoo de Vincennes cet automne »[140]. Isabelle Mergault aurait, pour sa part, commenté le Concours après avoir « beaucoup bu », selon les dires de son partenaire Laurent Ruquier[140]. Les commentateurs du Concours marquent ainsi les mémoires plus que le Concours en lui-même et sont donc le centre de l'attention, comme l'indique Alain Fontan, fan français ayant longtemps été le contact de presse de la filière française de l'OGAE : « [Les journalistes] parlaient plus des commentateurs français que des chanteurs eux-mêmes. »[139]. Cette réputation négative du Concours par le grand public est assez régulièrement contestée[139],[143]. Natasha St-Pier, qui a commenté l'édition 2014, déclare qu'« il n'y a qu'en France qu'on trouve cela ringard »[144]. Par ailleurs, Jean-Marc Richard, animateur de télévision suisse, a publié en 2017 un livre intitulé La Saga de l'Eurovision, disant que « l'Eurovision est sorti de sa ringardise » et qu'il est « le seul élément positif de l'Europe actuellement »[141] et le site de la chaîne France Info publie en mai 2017 un article se voulant briser les clichés entourant le Concours[145].


De fait, si l'image du Concours en France est encore très négative, dans d'autres pays l'engouement qui y est lié est très important — notamment dans les pays d'Europe de l'Est tels l'Albanie, les pays de l'ex-Yougoslavie et de l'ex-URSS[146]. En Italie par exemple, le retour du pays en 2011 a été une source d'incrédulité parmi les fans[147] et l'événement a finalement attiré 1 291 000 téléspectateurs[148], nombre qui n'a fait qu'augmenter d'année en année atteignant 3 292 000 téléspectateurs en 2015[148] et 3 742 000 en 2017[149]. Par ailleurs, en 2014, le Concours est arrivé premier des Trending Topics sur Twitter en Italie[148].


C'est cependant dans les pays nordiques que l'Eurovision est le plus populaire. En 2014, l'université de Copenhague a organisé sur trois jours plusieurs conférences sur le thème de l'Eurovision[150] mais c'est en Suède que l'Eurovision est une véritable institution. Dans ce pays où le Concours atteint généralement 80 % de parts d'audience, le Melodifestivalen — l'émission télévisée utilisée comme sélection du représentant suédois — lui-même est déjà un événement[151]. Dans ce pays, le Melodifestivalen et l'Eurovision sont des programmes rassembleurs et intergénérationnels, réunissant aisément les familles[151]. Ainsi, les soirées du Melodifestivalen se tiennent dans des salles de concert pleines, y compris lors des répétitions, et chaque année, nombreux sont les artistes à soumettre une candidature pour y participer[151].


En dehors de l'image liée à sa popularité, le Concours est également perçu comme très gay-friendly dans de nombreux pays[152]. Pour Brian Singleton, professeur et auteur d'un article sur la sociologie des fans de l’Eurovision, une majorité des fans serait homosexuelle, et au fil des années, une association entre Eurovision et gays a été créée[152]. De nombreux participants au Concours font d'ailleurs eux-mêmes partie de la communauté LGBT et notamment les vainqueurs Dana International, Marija Šerifović et Conchita Wurst[152].



Audiences télévisées cumulées |


Le tableau ci-dessous récapitule les audiences du Concours à travers le monde ainsi qu'en France depuis 2009 :





























































Audiences
Année
Monde
France
2009
122 000 000[153]
5 700 000[154]
2010
108 000 000[155]
3 600 000[156]
2011
114 500 000[157]
4 900 000[158]
2012
102 900 000[159]
3 984 000[160]
2013
170 000 000[161]
2 700 000[162]
2014
195 000 000[163]
2 600 000[164]
2015
197 000 000[165]
4 412 000[166]
2016
204 000 000[167]
4 970 000[168]
2017
182 000 000[169]
4 700 000[170]
2018
186 000 000[171]
5 158 000[172]


Programmes dérivés |


Depuis 1956, l'Eurovision a inspiré plusieurs festivals et compétitions musicales, à des niveaux nationaux ou internationaux.


Certains existent toujours :



  • le Festival de Sopot, qui se tient annuellement à Sopot, en Pologne, depuis 1961[173].

  • le Cân i Gymru, qui se tient annuellement au Pays de Galles, depuis 1969[174].

  • le Concours Eurovision de la chanson junior, qui se tient annuellement entre les membres de l'UER, depuis 2003.

  • le Bundesvision Song Contest, qui se tient annuellement entre les seize länder allemands, depuis 2005[175].

  • les deux Festivals ABU de la chanson, qui se tiennent annuellement entre les membres de l'Union de radio-télévision Asie-Pacifique, depuis 2012[176].

  • le Concours Türkvizyon de la chanson, qui s'est déroulé pour la première fois en Turquie, en 2013[177].

  • le Concours Eurovision Asie de la chanson, lancé officiellement en 2017, dont la première édition est prévue en 2018[178],[179].


Certains ont disparu :



  • le Yamaha Music Festival, qui s'est tenu annuellement à Tokyo, au Japon, entre 1970 et 1989[180].

  • le Concours Intervision de la chanson, qui s'est tenu annuellement entre les membres de l'OIRT entre 1977 et 1980. Ce concours était intégré au Festival de Sopot[173].



Notes et références |



Notes |





  1. a b c et dÀ l'époque de l'existence de la Yougoslavie, le terme officiel désignant l'ensemble de ces langues était « serbo-croate ». Le terme croate commence à être utilisé dans les années 1970 et les termes bosnien et serbe sont différenciés politiquement dans les années 1990. Le terme monténégrin n'est pour sa part entré en usage que dans les années 2000. Une autre vision possible est donc de considérer les premières chansons post-dissolution de la Yougoslavie en tant que premières chansons dans ces langues, soit donc : Ljubim te pesmama en 1992 pour le serbe ; Sva bol svijeta en 1993 pour le bosnien ; Don't Ever Cry également en 1993 pour le croate et Zauvijek moja en 2005 pour le monténégrin.


  2. La chanson est interprétée en version bilingue, anglais-tatar.


  3. La chanson est interprétée en version bilingue, anglais-ukrainien.


  4. Le rapport s'obtient en comparant le nombre de points obtenus au nombre maximal de points que le vainqueur pouvait obtenir, prenant ainsi en compte le fait qu'un pays ne peut pas voter pour lui-même.


  5. a et bLe système de vote attribuant 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 , 10 et 12 points date de 1975. Depuis 2016, le nombre de points attribués a doublé avec la distinction entre le vote du jury et du public. Il est donc important de distinguer les périodes précédant et suivant 2016. De plus, le nombre de participants n'est pas nécessairement le même d'année en année, ce qui influence sur les scores maximaux.




Références |




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Voir aussi |



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